Le Sénat a adopté à l’unanimité une proposition de loi LR pour garantir la qualité des raccordements à la fibre optique.
Câbles installés de façon anarchique, clients débranchés... De nombreux particuliers rencontrent aujourd'hui des problèmes.

Dans ce quartier proche de Limoges, c'est le sujet de conversation depuis des mois. Ici, ils ont vu les installateurs de fibre optique défiler. Mais la plupart ne la reçoivent toujours pas. La mère de famille que nous rencontrons bataille pour l'obtenir depuis un an et demi. "C'est un calvaire. On a enchaîné à peu près sept ou huit rendez-vous, on n'est jamais prévenu et surtout, il n'y a pas de suivi d'une équipe à l'autre. On ne sait pas, on n'a pas de personne à joindre", confie-t-elle dans le reportage du 20H de TF1 ci-dessus. 

Et elle est loin d'être la seule. En France, un quart des installations de fibre optique rencontre des problèmes. Comment l'expliquer ? Selon les clients concernés, les prestations sont régulièrement mal réalisées. Chaque jour, 12.000 foyers sont raccordés. Souvent, les installateurs sont des sous-traitants payés à la tâche et très peu formés. "Ils sont trop pressés, ils font vite et ils font mal. Ils débranchent un abonné qui est actif pour en mettre un nouveau. On peut penser que dans certains cas, ils n’ont pas toutes les ressources en personnel qu’il faudrait", affirme Pierre-Yves Hébert, vice-président de l’association française des utilisateurs de télécommunications. 

Une loi adoptée à l’unanimité par le Sénat

La Fédération des télécoms reconnaît des dysfonctionnements et s’engage à renforcer les contrôles. "Nous avons demandé aux entreprises et aux raccordeurs de s’engager sur la vérification de leurs compétences. Nous assurons que demain, un raccordeur formé sera présent auprès des abonnés", déclare Michel Combot, directeur général de la Fédération française des télécoms. 

Si vous êtes client et que vous êtes concerné, aujourd'hui, aucun recours n'existe. Le sénateur (LR) de l'Ain, Patrick Chaize, vient de proposer une loi avec des mesures concrètes en faveur du consommateur. Le Sénat l’a adoptée mardi à l’unanimité. Elle doit encore être soumise aux députés. Ce que prévoit le texte : "D'une part, la suspension de l'abonnement automatique au bout de cinq jours. Deuxième point,  des indemnités versées au consommateur au bout de cinq jours supplémentaires. Et enfin, le troisième point, c'est la résiliation automatique sans frais de l'abonnement", détaille Patrick Chaize auprès de TF1.  

Une généralisation d’ici à 2025

Reconnaissant que "des problèmes de qualité très significatifs empoisonnent le quotidien de nos concitoyens", le ministre chargé de la Transition numérique, Jean-Noël Barrot, a indiqué accueillir "très favorablement" les dispositions relatives au renforcement des pouvoirs de l’Autorité de régulation des télécoms (Arcep) et à l’amélioration de la protection des usagers. 

Mais le gouvernement a "un avis réservé" sur les autres mesures, a-t-il indiqué, soulignant que sa vision "n’est pas de supprimer le mode STOC (Sous-traitance opérateur commercial, le mode opératoire qui a été généralisé pour le raccordement des abonnés sur les réseaux de fibre, ndlr), mais bien de le corriger". Le gouvernement souhaite équiper l’ensemble du territoire en fibre optique d'ici à 2025. 


L.T. | Reportage TF1 Maureen Alibert, Éléonore Payró, Carlo Parédès

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