VIDÉO - JO 2024 : lasers, fusils de brouillage... Comment fonctionnent les systèmes anti-drones ?

par La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : Benoît Christal, Lucas Lassalle, Olivier Stammbach
Publié le 12 avril 2024 à 8h00

Source : JT 20h Semaine

À un peu plus de 100 jours des Jeux olympiques, les autorités tentent de prévenir la menace que représentent les drones, susceptibles de perturber les événements sportifs.
Plusieurs dispositifs sont actuellement testés pour paralyser ces engins télécommandés, grâce à l'aide d'entreprises privées, ainsi que de l’armée de l’air.

Il s'agit du premier laser français anti-drones. Le "HELMA-P" frappe ses cibles en plein vol, et les fait brûler à plus de 1500 degrés. L’armée l’a testé l’année dernière sur l’une de ses frégates en mer, et son constructeur affirme que 100% des cibles ont été détruites lors de ces entraînements. Arnaud Gagnepain, responsable des effecteurs laser de l'entreprise "Cilas", explique au 20H de TF1 comment fonctionne ce type de machine sur les mini-drones. "Le laser crée un échauffement et traverse la coque du drone puis brûle la carte électronique, donc le drone se met en sécurité et finit par tomber", décrit-il.

Le "HELMA-P" équipera bientôt la Marine française, mais avant cela, les Jeux olympiques seront son premier test grandeur nature. "Avec ce faisceau laser, on est capable d'atteindre une cible située à 1000 mètres et de la neutraliser en à peine quelques secondes", poursuit Arnaud Gagnepain.

Utiliser des fusils brouilleurs de drones

Pour détruire un drone à une distance de 1000 mètres, encore faut-il le repérer en amont. Le système de détection prévu pour les Jeux olympiques, surnommé "Parade", a une portée théorique de cinq kilomètres. Toutefois, lors des derniers essais, il ne s’est montré efficace qu’à 800 mètres. Il a même manqué le passage d’un drone, au-dessus du ministère du Travail, en mars dernier.

La commission de Défense du Sénat a donc tiré la sonnette d'alarme et rappelle que le système "Parade" coûte 350 millions d’euros sur onze ans. "On alerte depuis quasiment deux ans sur le risque qu’il y avait à avoir un système qui n’est pas suffisamment opérant. Nos recommandations, c’est d’avoir des systèmes légers de fusils brouilleurs de drones, et d'avoir peut-être aussi quelques systèmes lourds complémentaires", souligne Cédric Perrin, sénateur et président de cette commission de Défense.

Parmi ces options, les fusils de brouillage, dont le Nerod, qui est intégralement fabriqué en France. Ce fusil équipe l'armée française depuis trois ans. Il a déjà servi au Sahel, et durant la Coupe du monde de rugby en septembre 2023. À cette occasion, 24 drones avaient été neutralisés près des stades, et neuf pilotes amateurs qui souhaitaient filmer les matchs ont été interpellés. 

Survoler une zone interdite est puni de 75.000 euros d'amende et d'une peine maximale d'un an d'emprisonnement. Pour les Jeux olympiques, les moyens de détection de l'armée de l'air seront également déployés : ils sécurisent déjà les aéroports de Paris, et sont réputés comme étant très performants. 


La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : Benoît Christal, Lucas Lassalle, Olivier Stammbach

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