VIDÉO - Livraison par drone aux États-Unis : pourquoi le décollage n'est pas pour tout de suite

par T.A. | Reportage : Antoine DE PRÉCIGOUT et Alexandra POUPON
Publié le 18 février 2024 à 12h13

Source : JT 20h WE

Aux États-Unis, il est désormais possible de se faire livrer par drone... mais seulement dans quelques rares secteurs.
Si les produits tombent du ciel en un temps-record, il reste des points à régler, techniques et réglementaires.
Une équipe du 20H de TF1 s'est rendue outre-Atlantique pour tester cette nouvelle manière de livrer des colis.

Peut-on aujourd'hui se faire livrer des courses par drone aérien aux États-Unis ? Dans le reportage du 20H à retrouver en tête de cet article, notre journaliste a testé. Sur une application, il faut d'abord renseigner l'adresse de réception, puis le détail de la commande. Bilan des courses ? 7 euros au total, dont 3,50 euros de livraison. C’est Walmart, le géant américain de la grande distribution, qui propose cette option. 

Le service nous promet d'être livrés en moins d'une demi-heure. En effet, 25 minutes plus tard, un drone fait son apparition dans le ciel, non sans bruit. La machine reste en l'air et à l'aide d’une corde, dépose délicatement notre paquet au sol. Notre goûter est parvenu à destination sans encombre. Bluffant ? Déjà un peu moins, lorsqu'on sait qu'un technicien s'est déplacé exprès, jusqu'au lieu de livraison, pour superviser la machine.

Un développement à la traîne

Le service en étant encore à ses balbutiements, les autorités américaines imposent aux livraisons par drone d'être contrôlées par un technicien au sol. À chaque fois, celui-ci se rend donc en voiture sur les lieux. Et ce n’est pas la seule contrainte, pour le moment, les livraisons sont possibles dans un rayon de deux kilomètres seulement. C'est peu, alors le magasin Walmart du secteur n'en fait que trois par jour, en moyenne. Outre-Atlantique, la course à la livraison par drone est certes lancée. Mais dans les faits, seule une infime partie des Américains a pour le moment accès à la réception de ces marchandises par les airs. 

Même le géant Amazon est à la traîne. Pourtant, il y a un an, l'entreprise nous présentait avec fierté son nouveau modèle. "30 minutes après avoir passé votre commande, un drone déposera votre colis", indiquait à l'époque Mai Le, une responsable du spécialiste du e-commerce. Mais aujourd'hui, ce service est seulement disponible dans deux villes des États-Unis. La firme préfère d'ailleurs rester discrète sur le nombre effectif de colis livrés par ses drones.

La rentabilité pas encore au rendez-vous

Malgré les millions investis dans le secteur, les drones de livraison n'ont donc toujours pas intégré le quotidien des Américains. À Palo Alto (Californie), au siège de Matternet, une entreprise spécialisée dans la livraison par drone d'échantillons sanguins entre les hôpitaux, les ingénieurs réfléchissent à la manière dont améliorer le service. Pour le patron, Andreas Raptopoulos, il faut continuer à perfectionner les drones, mais aussi construire des infrastructures capables de les accueillir. "Ici, il y a un dôme, qui s'ouvre comme une fleur lorsque le drone arrive, précise le dirigeant. Il y a aussi un bras robotisé qui va pouvoir automatiquement changer la batterie et charger les colis."

Le responsable l'assure : selon lui, dans quelques années, ce genre de dispositifs sera installé par centaines dans les grandes villes, comme Los Angeles ou Paris. Le projet, encore en développement, pourrait permettre de rendre le service totalement autonome. L'enjeu ? Améliorer sa rentabilité. "Le service doit devenir financièrement intéressant pour les entreprises, poursuit Andreas Raptopoulos devant notre caméra. "Plus on arrivera à faire baisser le prix par livraison, plus les drones seront adoptés par le marché."

Le développement de ces livraisons par drone devrait durer encore quelques années avant que la pratique ne se répande véritablement, aux États-Unis ou dans le reste du monde. Le temps de faire baisser un coût de fonctionnement encore très élevé, et de satisfaire à une réglementation aérienne qui s'annonce complexe.


T.A. | Reportage : Antoine DE PRÉCIGOUT et Alexandra POUPON

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