REGARDEZ - Face aux flammes, les nouvelles armes des pompiers du futur

par V. F | Reportage TF1 : Yani Khezzar, Thomas Bové et Philippe Véron
Publié le 15 février 2024 à 22h41, mis à jour le 16 février 2024 à 9h24

Source : JT 20h Semaine

Chaque année en France, les pompiers effectuent près de 5 millions d'interventions et sauvent des centaines de vies.
On connait leurs armes pour combattre le feu, mais désormais, ils vont pouvoir compter sur de nouvelles technologies.
En exclusivité, le JT de TF1 a pu découvrir ces futurs outils de travail, dont certains ne verront le jour que dans cinq ou dix ans.

Dans les années à venir, les pompiers vont pouvoir compter sur de nombreuses innovations technologiques pour remporter la guerre du feu. Cela commence dès l'appel de détresse. Ainsi, dans quelques mois, si vous appelez les pompiers de Paris, certains appels pourront être analysés par une intelligence artificielle (IA). Plus précisément, elle écoutera ce qui se passe avant qu'un pompier ne décroche, pendant les seize secondes où l'appel est mis en attente. 

Le but : repérer des mots clés qui alertent d'un danger, comme les mots "enfants", "fumée", "panique", "flammes", "pleurs"... Grâce à ces informations transmises par la machine, les pompiers gagneront de précieuses secondes dans leurs prises de décisions pour envoyer les secours. 

Une visière en réalité augmentée

Dans quelques années, une fois en route vers l'incendie, un autre allié entrera en scène : un drone qui décollera du camion et partira en éclaireur. Avec ses caméras infrarouges et thermiques, il verra précisément où se situe le feu, et les victimes à secourir. Ces images seront envoyées en direct aux pompiers en approche pour mieux les préparer à intervenir. Une fois face aux flammes, d'ici à une dizaine d'années, les yeux du pompier seront aussi aidés d'un nouveau type de visière en réalité augmentée. Les éléments affichés le guideront jusqu'à l'incendie pour ne pas perdre de temps à découvrir les lieux. Certains fabricants prévoient également d'équiper leurs visières de capteurs pour voir à travers la fumée. Coût du dispositif : 5000 euros l'appareil. 

Par ailleurs, quand il s'agit de secourir les victimes et donc de porter des charges lourdes, les corps des pompiers sont mis à rude épreuve. Certains testent donc des exosquelettes. Ils augmentent ou économisent leurs forces. Cela permet par exemple de porter de lourdes pinces plus facilement et plus longtemps. Mais le dernier-né de leur laboratoire d'innovation, c'est une toute nouvelle lance à incendie qui va injecter de l'air dans l'eau, ce qui va provoquer une sorte de brume permettant d'économiser 80% d'eau tout en étant plus efficace contre les flammes. Les premiers exemplaires seront mis en service cet été à l'occasion des Jeux olympiques. 

Détecter un feu de forêt en moins de cinq minutes

Utiliser moins d'eau et mieux éteindre le feu, voilà une promesse qui intéresse les pompiers du sud de la France. Car dans le futur, la technologie servira aussi à mieux lutter contre les feux de forêt, avec toute une série de capteurs qui seront répartis sur différents niveaux. Nom du projet : Panoptès, un géant de la mythologie grecque recouvert d'une centaine d'yeux pour tout voir. L'objectif sera de détecter un feu de forêt en moins de cinq minutes. 

Pour cela, des capteurs seront d'abord installés sur les arbres tous les cent mètres. Puis, des drones à énergie solaire surveilleront la zone en toute autonomie pendant des heures. Vingt kilomètres au-dessus, des ballons stratosphériques quadrilleront le territoire et pourront rester en vol pendant un an. Et à 36.000 kilomètres de là, des satellites seront, eux aussi, braqués sur les forêts à risques. Un projet qui pourrait voir le jour d'ici à cinq ans. 

Mais comment toutes ces données vont-elles être traitées ? Selon le colonel hors classe Jean-Luc Beccari, directeur départemental du Sdis 13, qui suit de très près ce projet, elles le seront "via une intelligence artificielle qui va agglomérer, agréger l'ensemble de ces données et les représenter sur une carte 3D par exemple, pour en avoir une représentation visuelle rapide. L'idée est de faire gagner du temps dans la détection pour gagner du temps dans l'engagement des secours, c'est la vocation première d'un tel dispositif", dit-il dans la vidéo en tête de cet article.

À terme, les données pourraient aussi permettre de prédire là où surgiraient les futurs départs de feux. Une façon, là encore, de se tourner vers l'avenir. 


V. F | Reportage TF1 : Yani Khezzar, Thomas Bové et Philippe Véron

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