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Achat immobilier : ce critère inattendu qui pousse des banques à refuser des prêts

Aurélie Loek
Publié le 2 mai 2022 à 18h56, mis à jour le 3 mai 2022 à 18h52
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Avant d'octroyer un prêt, de plus en plus de banques prennent en compte le critère de l'éloignement entre un bien et le lieu de travail du futur acquéreur.
Une situation qui n'est pas nouvelle, mais s'est accentuée avec la hausse des prix de l'essence.

C'est un critère de plus en plus pris en compte par les banques. Selon une enquête réalisée par Vousfinancer, le secteur bancaire serait désormais bien plus attentif qu'auparavant à la localisation d'un bien par rapport au lieu de travail du futur acquéreur. À tel point que certains ménages se voient refuser un prêt du fait d'une distance trop importante. "C'est devenu un critère bloquant depuis le début de la guerre en Ukraine et la hausse des prix de l'énergie", détaille ainsi Sandrine Allonier, directrice des études de l'entreprise.

L'éloignement : un coût non négligeable dès 30 kilomètres de distance

En effet, avec l'inflation constatée, notamment sur l'essence, les ménages peuvent être confrontés à des charges supplémentaires, pas forcément prises en compte dans leur reste à vivre, ce qui complique alors le remboursement d'un potentiel prêt immobilier. "Lorsqu'un couple décide d'aller à 50 kilomètres de son lieu de travail, s'ils sont tous les deux à faire les allers-retours, à faire 100 kilomètres par jour, ça peut faire un coût pour le ménage de 500 à 600 euros par mois", estime l'experte. Une somme non négligeable et désormais calculée par les banques, dès 30 kilomètres de distance. 

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"Ce que veulent éviter les banques, c'est un risque de difficulté à rembourser le crédit et un risque de surendettement", précise encore Sandrine Allonier. Si ce critère n'est donc pas nouveau, il est pris beaucoup plus en compte du fait de l'inflation actuelle et de l'état du marché immobilier. "La capacité d'emprunt était beaucoup plus ouverte avant la crise sanitaire. Avec le confinement, les banques se sont rendu compte que des arrêts d'activité pouvaient être possibles", explique Cécile Roquelaure, spécialiste des de l'activité bancaire au sein d'Empruntis, qui remarque une analyse plus fine des dossiers d'emprunt réalisée par les banques.

Un durcissement des conditions d'emprunt aussi lié à la situation du marché immobilier. "Depuis la crise Covid, les Français ont besoin de plus d'espace, d'un extérieur, et du coup, pour cela, ils sont souvent obligés de s'éloigner des villes. Aussi parce que les prix ont beaucoup augmenté, notamment ceux des maisons, conduisant les gens à encore plus s'éloigner", résume Sandrine Allonier.

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Avant la crise sanitaire, cet éloignement de certains acheteurs avec leur futur bien existait déjà, mais concernait surtout les grandes villes, avec des réseaux de transports en commun plus développés. Le critère d'éloignement n'était donc pas forcément pris en compte. Le rapatriement sur des villes moyennes depuis la crise sanitaire impose, a contrario, les ménages à être plus dépendants de leur voiture, d'où une considération plus forte de la part des banques. "Même si parfois le trajet est fait en train, les banques s'inquiètent de la façon de se rendre sur son lieu de travail s'il y a une grève", cite en exemple Sandrine Allonier. Une dépendance renforcée pour certaines professions où le télétravail n'est pas possible. 


Aurélie Loek

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