Immobilier : les prix vont-ils décrocher en 2023 ?

par Sébastie MASTRANDREAS
Publié le 4 janvier 2023 à 13h21, mis à jour le 4 janvier 2023 à 17h02

Source : JT 20h Semaine

L'année 2022 a été marquée par un ralentissement du nombre de crédits immobiliers.
Un accès à la propriété qui devrait rester difficile en 2023, estime Meilleurtaux dans une étude.
Dans un contexte de hausse des taux et de perte de pouvoir d'achat immobilier, les prix devraient, eux, baisser.

Inflation, guerre en Ukraine, pouvoir d'achat... Les facteurs sont multiples pour faire flancher le marché de l'immobilier en 2023. L'année 2022, qui a globalement bien résisté au contexte économique sur ce secteur, a été marquée, depuis l'été dernier, par un net ralentissement des crédits accordés. Et même si le taux d'usure devrait être rehaussé en 2023, ce qui devrait permettre à davantage de dossiers d'être acceptés par les banques, l'année immobilière s'annonce compliquée. 

Dans ce contexte, on assiste à un effondrement du pouvoir d'achat immobilier et à une hausse des taux d'intérêt. Ceux-ci s'affichent actuellement en moyenne à 2,5%, contre 1% il y a un an - et pourraient atteindre 3,5% fin 2023. En conséquence, les acheteurs sont moins nombreux, et ils peuvent acheter moins grand. Voilà le constat d'une étude publiée, mardi 3 janvier, par le courtier immobilier Meilleurtaux. Si la plupart des grandes villes sont concernées, les villes secondaires sont les plus touchées. 

Les prix "vont inéluctablement baisser"

C'est le cas par exemple à Angers, qui a perdu 42 m² de pouvoir d'achat en quatre ans, estime cette étude. Avec une capacité d'emprunt de près de 200.000 euros sur 20 ans, on pouvait acheter, en 2019, un logement de 94 m², contre 52 m² en 2022. De la même manière, Le Mans a perdu 41 m² de pouvoir d'achat immobilier depuis 2019, Saint-Etienne 27 m², Toulon 24 m², Nice 16 m²... Quant aux grandes villes, elles s'en sortent mieux, et perdent le moins de mètres carrés : sur un an, Bordeaux a perdu 8 m², Lyon 9 m² et Paris 2 m².  Des résultats à relativiser néanmoins, les prix y étant particulièrement élevés.

Quant aux prix, "ils vont inéluctablement baisser ou a minima se stabiliser", prévoit Meilleurtaux, qui ne s'attend toutefois pas "à une baisse importante". En effet, il faudrait pour cela une "arrivée massive de biens sur le marché face à une demande qui baisserait fortement", détaille le courtier. Or, le scénario qui semble plutôt se dessiner tend à ce que non seulement les acheteurs soient moins nombreux en raison de la difficulté d'obtention d'un prêt, mais aussi les vendeurs. D'autant que les potentiels vendeurs - qui ont acheté il y a quatre ans à des taux à moins de 2% devraient plutôt décider de rester "au chaud" pour l'année à venir. 


Sébastie MASTRANDREAS

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