En quelques années, le marché immobilier s’est largement tendu, notamment à cause de la hausse des taux d'intérêt.
Face à l’inquiétude des acheteurs, les professionnels du secteur proposent de plus en plus la garantie revente.
Censée protéger l’acheteur face à une moins-value, elle ne fonctionne que dans certains cas.

Après deux années de hausse importante des taux d’intérêt, 2024 devrait être celle de la baisse des prix. En effet, plus le crédit coûte cher pour les acheteurs, plus les vendeurs doivent se montrer conciliants. Cette situation laisse donc craindre une perte à la revente et remet en lumière un système peu utilisé : la garantie revente. Elle permet de protéger l’acheteur contre une moins-value, mais uniquement dans certaines conditions et dans certaines limites. 

Comment fonctionne la garantie revente ?

Lancée il y a une vingtaine d’années, la garantie revente a eu peu de succès dans une période marquée par des taux faibles et un marché de l’immobilier par conséquent à la hausse. Si elle apparaît plus séduisante désormais, il ne faut pas la voir comme une assurance contre la hausse des taux à long terme. Elle protège avant tout des événements imprévus qui peuvent vous contraindre à la revente à court ou moyen terme. Elle est donc limitée dans le temps, généralement à une durée de cinq ou sept ans. 

L’acheteur paye une somme fixe au moment de l’achat de son bien, souvent quelques centaines d’euros. Parfois, cette garantie peut être incluse dans un contrat d’assurance immobilière plus large. En échange, l’assureur s’engage à rembourser la moins-value à la revente, jusqu’à un certain point. Il peut proposer de garantir une somme maximum, souvent quelques dizaines de milliers d’euros, ou un pourcentage du prix total avec un plafond. 

Les limites de la garantie revente

A priori, le jeu en vaut la chandelle. Quelques centaines d’euros peuvent sembler un bien faible investissement, surtout au regard du prix d’un achat immobilier. Mais la garantie ne couvre pas tous les motifs de revente. L’assuré doit justifier qu’il a été contraint de se séparer de son bien. Cela peut être dû, selon les contrats, à une séparation, au décès d’un des propriétaires, à une mutation ou encore à la perte d’un emploi. Il convient d’être vigilant sur les conditions. L’assureur peut par exemple exiger un divorce ou la dissolution d’un Pacs, sans accepter la simple séparation de concubins. Il peut imposer une distance minimum à la mutation, que le décès soit accidentel, ou refuser le motif de la perte d’emploi s’il s’agit d’une démission ou d’une rupture conventionnelle. 

Un autre élément déterminant est la prise en compte ou non des frais d’acquisition, plus connus sous le nom de frais de notaire. Ceux-ci peuvent vite représenter plusieurs milliers, voire dizaines de milliers d’euros. De quoi rapidement engloutir la somme garantie. À noter que la garantie revente est souvent proposée par un agent immobilier ou un organisme de crédit. Il est difficile de la souscrire soi-même ou alors l’assureur exigera de participer à la revente afin de s’assurer que le logement est bien revendu au prix du marché. 


Victor LEFEBVRE pour TF1 INFO

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