Immobilier : baisse des taux, prix stables... Est-ce le bon moment pour acheter ?

Publié le 21 février 2024 à 17h12

Source : JT 20h Semaine

Après une année 2023 marquée par un marché au ralenti, l'immobilier va-t-il enfin repartir cette année ?
Plusieurs raisons le laissent espérer, et notamment la baisse des taux.
Explications.

Des projets à l'arrêt, des crédits refusés, un pouvoir d'achat d'immobilier en baisse... En 2023, acheter un appartement ou une maison n'a pas été une partie de plaisir pour les Français. Plombés par la hausse des taux, pas compensée par la baisse (relative) des prix de vente, nombre de ménages ont remis à plus tard leur projet de devenir propriétaire ou d'acheter plus grand. Est-ce enfin le moment ? Plusieurs feux semblent revenir au vert.

Une chute importante des taux

Si les taux, portés par l'inflation et la politique de la Banque centrale européenne, ont bondi en 2023, ils suivent depuis plusieurs semaines une tendance inverse. Et cela baisse rapidement. "Fin novembre, les taux moyens flirtaient avec les 4,5% sur 20 ans", indique à TF1info Maël Bernier, porte-parole de MeilleurTaux. "Depuis début février, nous sommes passés sous la barre des 4%, autour de 3,95%."

Plus d'un demi-point perdu en quatre mois - soit plusieurs milliers d'euros d'intérêts en moins selon les projets -, en raison de l'activité des banques. "Des banques, qui ne prêtaient plus depuis un an, sont revenues sur le marché de manière agressive, avec des taux plus bas que les autres pour récupérer des dossiers", explique Maël Bernier. "Elles ont entraîné toutes les autres dans cette baisse."

Cela devrait durer. "Nous pensons de manière raisonnable que les taux (à 20 ans) arriveront autour de 3,5% entre juin et septembre", poursuit la porte-parole de MeilleurTaux. Attention toutefois, attendre un retour aux taux des années précédentes pour se lancer n'est pas franchement conseillé. "Je ne suis pas certaine que nous irons au-delà de la baisse à 3,5%", prévient-elle.

Des prix qui ne s'envolent pas...

Autre bonne nouvelle pour les potentiels acheteurs : si une baisse des taux peut parfois être synonyme d'augmentation des prix de vente, cela ne devrait pas être le cas. Ces dernières années, "les prix se sont envolés, car les taux étaient à 1%, voire en dessous, alors la demande a explosé", rappelle Maël Bernier.

"Lorsque les taux étaient à 1%, des acheteurs étaient prêts à payer n'importe quel prix parce qu'à 1%, il fallait acheter." Ce qui, à des taux supérieurs à 3%, ne peut plus arriver, le pouvoir d'achat immobilier des acheteurs n'étant pas aussi important. Le marché, soumis à la loi de l'offre et de la demande, ne peut donc pas s'envoler.

... mais leur baisse est peut-être terminée

La loi de l'offre et de la demande, justement, empêchera aussi les prix de baisser. Ces derniers mois, "dans les grandes villes, les prix très élevés ne pouvaient plus être suivis par les acheteurs", constate Maël Bernier. "Lorsque les taux étaient à 1%, un couple qui gagne 7000 euros par mois pouvait emprunter 720.000 euros. Avec la hausse des taux, ils n'empruntent plus que 540.000. Même les Français aisés ne pouvaient plus suivre les prix les plus élevés. C'est pour cela que les prix ont baissé dans les très grandes villes."

Si cela peut encore ponctuellement se produire, d'autres facteurs devraient plutôt entraîner une stabilisation des prix. "La France connait une pénurie de logements, avec une population de plus en plus grosse et éparpillée (familles séparées, personnes âgées qui vivent de plus en plus tard, etc, NDLR)", insiste la spécialiste. Une demande toujours accrue qui n'entraîne pas les prix dans une spirale à la baisse.

Reste que pour les acheteurs, la conjoncture s'améliore. Et si acheter un bien en 2024 coûtera toujours plus cher qu'avant la période d'inflation et la hausse des taux, "la période durant laquelle les acheteurs réalisaient d'importantes plus-values en trois ans est terminée", conclut Maël Bernier. "Si vous avez un projet, allez-y", conseille-t-elle, notant que les taux, même encore élevés, "pourront être renégociés à la baisse" dans le futur.


Idèr NABILI

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