Interdiction de louer des passoires thermiques : Paris demande à Gabriel Attal de repousser l'échéance

par T.G.
Publié le 27 janvier 2024 à 21h26

Source : JT 20h Semaine

L'adjoint au logement de la mairie de Paris a écrit au Premier ministre pour lui demander de repousser l'entrée en vigueur de la loi Climat.
À partir du 1ᵉʳ janvier 2025, les logements classés G ne pourront plus être loués ou remis en location.
"Le calendrier est trop court", estime l'élu, jugeant le délai "inatteignable" pour effectuer les travaux de rénovation nécessaires.

Repousser l'entrée en vigueur de la loi Climat. C'est le souhait de Jacques Baudrier. Dans une lettre transmise à Matignon, révélée par Le Monde, l'adjoint à la mairie en charge du logement redoute les conséquences de l'application au 1ᵉʳ janvier 2015 de ce texte sur le parc locatif dans la capitale.

"Le calendrier est trop court pour que toutes les copropriétés engagées dans le processus de rénovation aient réalisé leurs travaux avant le 1ᵉʳ janvier 2025", s'inquiète dans son courrier l'élu PCF du 20ᵉ arrondissement. "Il est plus que probable qu’une très grande majorité des logements en catégorie "G" actuellement, le soient encore au 1ᵉʳ janvier prochain et ne soient donc plus en capacité d’être reloués", souligne-t-il.

"Potentiellement 60.000 logements à Paris"

Ce texte prévoit une interdiction progressive de la mise ou remise en location des logements les plus énergivores : ceux classés G à partir de 2025, puis les F en 2028 et enfin les E en 2034. "Potentiellement 60.000 logements à Paris et 170.000 logements en Ile-de-France pourraient être retirés du marché locatif privé", prévient l'adjoint, qui juge le délai prévu "inatteignable".

Concrètement, Jacques Baudrier propose qu’un bien classé G dans une copropriété soit considéré comme décent, à titre dérogatoire, jusqu’au 1ᵉʳ janvier 2028. Et ce, "à la condition que ce logement ait bénéficié de travaux dans les parties privatives, préconisés par un diagnostic de performance énergétique individuel", précise Le Monde.

L'appel de l'élu sera-t-il entendu par le Premier ministre Gabriel Attal ? Seule certitude : le ministre de l'Économie lui-même a émis des doutes. Dans un entretien au Parisien, Bruno Le Maire s'était dit, "à titre personnel", "très favorable" à une révision du calendrier, "en particulier pour les copropriétés". Le ministre avait cependant rétropédalé le lendemain, assurant qu’il n’était "pas question" de le modifier.


T.G.

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