De plus en plus de maisons se fissurent en France avec la multiplication et l'intensification des sécheresses.
La start-up Callendar vient de lancer une application pour avoir une idée, en trois clics, du niveau de risque pour sa maison ou un futur achat.
Le 20H de TF1 et TF1info vous dévoilent en exclusivité cet outil.

Trois clics pour se rendre compte du risque. C'est l'idée de la start-up Callendar, qui lance une plateforme pour évaluer le niveau de vulnérabilité des logements français face au phénomène de "retrait-gonflement des argiles (RGA). Un outil lancé en collaboration avec l'association "Conséquences" qui publie, ce jeudi 23 mai, un vaste rapport sur ce phénomène qui provoque des fissures dans les habitations. Il permet aux particuliers d'évaluer les risques sur leur maison ou en vue d'un futur achat.

Callendar

Disponible sur ce site, l'application , dévoilée ce mercredi par TF1info et le 20H de TF1 (reportage à retrouver en tête de cet article), calcule avec précision le risque pour votre logement. "Elle est très simple, il faut simplement rentrer son adresse, ou l'adresse d'un bien que l'on souhaiterait acquérir, par exemple", nous explique Samy Kraiem, climatologue à Callendar. Ensuite, il faut rentrer le type de logement concerné (maison ou immeuble), s'il est équipé d'un sous-sol (complet ou partiel) et sa forme (carré/rectangulaire ou en U/L). Une fois la localisation de votre logement effectuée, il suffit de cliquer sur "Évaluer le risque pour ce bâtiment"

Fissures dans les maisons : 20 millions de Français exposés !Source : Top Info

"L'application va alors sortir trois risques associés en se basant sur des données préparées en amont concernant la composition en argile et la sécheresse des sols, en fonction des différents scénarios de réchauffement", détaille Samy Kraiem. Il est donc possible de visualiser le risque sol, avec la présence ou non d'argile, le risque climat, lié à l'augmentation des sécheresses, et la vulnérabilité du bâti. "C'est-à-dire qu'un immeuble est bien moins vulnérable au retrait-gonflement des argiles qu'une maison, parce que ses fondations sont bien plus profondes, les changements dans les sols vont donc moins l'affecter", détaille le climatologue de Callendar. 

20 millions de Français concernés

La plateforme permet également de se rediriger vers des "guides de bonnes pratiques" pour éviter ou limiter les risques de fissure dans les maisons face au RGA. "La présence de végétation trop proche d'un bâtiment va aggraver le phénomène de retrait-gonflement des argiles. Mettre des 'pares-racines' - un mur dans le sol entre la maison et les racines d'un arbre - peut permettre de limiter les risques à moindre coût", explique Samy Kraiem. Par ailleurs, souligne-t-il, la plateforme peut mettre en lumière de potentiels risque pour un futur achat immobilier. 

Une analyse d'autant plus importante pour les propriétaires ou futurs acheteurs que l'augmentation des sécheresses en raison du changement climatique dû aux activités humaines est "un facteur déterminant de la croissance du phénomène de retrait-gonflement des argiles et donc des maisons fissurées", pointe Conséquences dans son rapport. Selon les données de la Caisse centrale de Réassurance (CCR), plus de 20 millions de Français sont exposés à ce risque, particulièrement en Centre-Val-de-Loire (67% de la population), Occitanie (49%), Nouvelle Aquitaine (46,8%), Bourgogne-Franche-Comté (44%) et Provence-Alpes-Côte d'Azur (39%).

À l'horizon 2050, avec une hausse des températures de 4°C - soit le scénario sur lequel se base le gouvernement français pour sa politique d'adaptation - ce sont 17,3 millions de maisons qui pourraient être concernées par ce risque, contre 10,4 millions à l'heure actuelle, selon le recensement du gouvernement, avec un coût annuel de près de 2,1 milliards d'euros si rien n'est fait pour adapter le parc immobilier. "Toutes les modélisations existantes montrent que la tendance va se poursuivre" concernant l'expansion du risque RGA, "mais de manière plus ou moins rapide en fonction de notre trajectoire climatique", pointe Samy Kraiem. "La question se pose des coûts économiques et sociaux du phénomène, de l’impérative nécessité d’une meilleure prévention et adaptation. Et bien évidemment, d’infléchir la tendance pour éviter un scénario à +3 ou +4°C qui verrait une grande part du parc immobilier en péril".


Annick BERGER

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