Marché de l'immobilier : quelles perspectives pour 2024 ?

Publié le 27 décembre 2023 à 18h14

Source : JT 20h Semaine

Les prix de l'immobilier, qui n'avaient pas connu de baisse depuis 2015, ont commencé à descendre lors des derniers mois de cette année 2023.
Une tendance qui devrait perdurer en 2024.
Pour autant, les ventes ne devraient pas repartir à la hausse, selon les premières perspectives pour l'année à venir.

Le marché de l'immobilier ralentit et la situation ne devrait pas s'améliorer en 2024. En cause, une période économique difficile, marquée par l'inflation, qui a pour conséquence une baisse de pouvoir d'achat des Français, et une hausse des taux d'intérêt des banques, rendant l'accès au crédit plus difficile. Les ventes sont donc en baisse en cette fin d'année 2023 et la tendance risque de perdurer, soulignent plusieurs études.

Des baisses de ventes et de prix

Dans leur bilan de l'année, les Notaires de France observent effectivement une diminution du nombre de ventes en 2023. Alors que 1,13 million de ventes ont été effectuées entre septembre 2021 et septembre 2022, seules 928.000 ont été enregistrées sur la même période, l'année suivante. "La baisse du nombre de transactions s’accélère depuis 2023, s'établissant à 908.000 ventes en France (-20% sur un an) sur 12 mois glissants à fin octobre 2023", note également le baromètre de l’immobilier FNAIM-Clameur pour décembre 2023.

Parallèlement, une baisse des prix est observée en fin d'année, une première depuis 2015. Les Notaires de France constatent ainsi une baisse sur l'ensemble de la France, et de façon plus marquée, en Ile-de-France. L'indice de prix des appartements anciens en France métropolitaine baisse de 2% sur un an et celui des maisons anciennes, de 1,6%. En Ile-de-France, l'indice baisse de 5,3% sur les appartements et de 5,4% sur les maisons. Pour les appartements comme pour les maisons, cette tendance risque de se poursuivre en 2024. "Les baisses sur un an continueraient de s’accentuer à fin janvier 2024", analyse ainsi Me Edouard Grimond, porte-parole du Bureau du Conseil supérieur du notariat, en charge de l’immobilier et du logement.

Des intentions d'achat qui stagnent

Alors que les taux de crédit devraient en plus se stabiliser après avoir été très hauts ces derniers mois, le baromètre de l’immobilier FNAIM-Clameur tablant sur un taux autour de 4,3% lors du premier trimestre 2024, les différents acteurs ne sont pas optimistes quant à une reprise du marché durant l'année qui vient. "Le regain du marché immobilier ne semble pas s’annoncer pour 2024. Les intentions d’achat pour l’année prochaine stagnent en effet, en comparaison avec celles pour 2023", remarque le volet 4 de l'étude "Les Français et l’immobilier" réalisée par OpinionWay pour l'agence Laforêt.

Selon cette étude, près d'un Français sur quatre aurait été ainsi contraint d'annuler ou de retarder ses projets immobiliers à cause de la conjoncture, les conditions d'accès à un crédit étant un frein pour beaucoup. Pour les Notaires de France, il s'agit d'un Français sur 5, sur les deux dernières années. Les projets immobiliers des jeunes sont particulièrement impactés. 39% des personnes âgées de moins de 35 ans ont dû annuler ou retarder un projet immobilier, contre seulement 12% des personnes âgées de 50 ans et plus, note le sondage OpinionWay.

Le baromètre de Laforêt souligne néanmoins que ce contexte économique accroit l'intérêt pour les logements à rénover. "Face à un marché immobilier en difficulté et un pouvoir d’achat contraint, l’investissement et la rénovation d’un logement 'passoire thermique' est perçu comme une opportunité", est-il effectivement indiqué. 52% des sondés considèrent ainsi qu'acheter un tel logement et le rénover est une bonne solution pour investir dans l'immobilier, qui reste perçu, malgré la situation économique, comme une valeur refuge.

L'enquête des Notaires de France confirme cet attrait pour la question énergétique. Près de 8 Français sur 10 déclarent accorder une importance forte à la performance énergétique pour leur futur logement. Plus d'un tiers dit y accorder une importance très forte. Par ailleurs, 40% des propriétaires assurent être d'ores et déjà dans une démarche de travaux, alors que les dispositifs d'aides pour financer des rénovations se multiplient.


Aurélie LOEK

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