Investir dans l'immobilier

Achat immobilier : le viager est-il une bonne affaire ?

V. F | Reportage : Pierre Corrieu, Julien Bervillé
Publié le 28 janvier 2022 à 18h40, mis à jour le 28 janvier 2022 à 18h55
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Longtemps associé à image malfaisante, le viager était jusqu'à récemment très peu utilisée.
Mais depuis quelques années, le nombre de ventes augmente très rapidement.
Elles représentent désormais 8000 opérations par an.

Difficile d'optimiser une image marquée par deux souvenirs qui viennent spontanément quand on parle du viager : le film de 1972 dans lequel une famille tente d'éliminer un inamovible vendeur joué par Michel Serrault, et le cas réel de la doyenne de l'humanité, Jeanne Calment, décédée longtemps après l'acheteur de son bien. 

Pour autant, le viager, qui consiste à céder son bien immobilier contre une rente versée par l'acheteur jusqu'au décès du vendeur, représente désormais 8000 opérations annuelles en France. C'est une progression, car les estimations tournaient autour de 5000 ventes voici cinq ans, mais cela reste une goutte d'eau dans un marché immobilier qui approche le million de transactions.

Ce n'est pas du tout un pari avec la mort, c'est au contraire un acquéreur qui investit dans un bien à moindre coût, mais en même temps il aide une personne à mieux vivre.

Paola Bertin, agent immobilier

Certains acteurs immobiliers tentent donc de dépoussiérer ce marché, présenté comme une réponse au vieillissement de la population. Martine Moncher en est un bon exemple. Elle est devenue une retraitée heureuse depuis qu'elle a vendu, il y a trois mois, sa maison en viager. L'acheteur lui a versé une somme d'argent qu'on appelle un "bouquet". En plus de ça, il lui verse tous les mois une rente de 327 euros jusqu'à la fin de sa vie. Avec ça, Martine va pouvoir entretenir sa maison, mais elle a aussi d'autres projets. "Grâce au viager je vais pouvoir changer ma voiture. Je voudrais aussi refaire mes dents. L'objectif, c'est quand même de vivre un peu alors que j'ai la possibilité de le faire", explique-t-elle dans la vidéo du JT de 20H en tête de cet article. 

En revanche, sa maison a été vendue moins cher que son prix initial. On appelle ça la décote d'occupation, et elle est calculée en fonction de l'espérance de vie du vendeur. "Très souvent, l'achat correspond à 30 ou 40% de moins que le prix de la maison. Le pari du viager, ce n'est pas du tout un pari avec la mort, c'est au contraire un acquéreur qui investit dans un bien à moindre coût, mais en même temps il aide une personne à mieux vivre", souligne Paola Bertin, directrice de l'agence Viagimmo à Rouen. 

A Paris, Reza Nakhai, agent immobilier, observe lui aussi un intérêt grandissant des retraités pour le viager. "Déjà, il y a eu la pandémie, mais surtout avec les retraites qui diminuent, la vie qui devient chère, tout ça fait que ça devient une solution très intéressante", dit-il. 

Josette s'est ainsi décidée à vendre son appartement de Levallois-Perret, d'une valeur de 460.000 euros. Son choix s'est porté sur un bouquet de 100.000 euros plus une rente de 1700 euros par mois à vie. Pour elle, ce serait la fin des problèmes. "S'il y a le ravalement à faire, ce sera à la charge du nouveau propriétaire", se réjouit-elle. Car les gros travaux et la taxe foncière sont payés par le nouveau propriétaire. Comme tout vendeur en viager, Josette ne paiera plus que les charges courantes.


V. F | Reportage : Pierre Corrieu, Julien Bervillé

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