De plus en plus de familles ont du mal à assurer leur habitation, la faute aux catastrophes naturelles qui font exploser le prix des assurances.
Certains assureurs refusent d'assurer des habitations, car cela leur coûte trop cher.
Maud Descamps décrypte ce phénomène dans Bonjour ! La Matinale et nous parle d'un organe qui a pour rôle de faire respecter l'obligation d'assurance.

Les catastrophes naturelles qui touchent de plus en plus la France ont fait augmenter de manière significative le prix des assurances habitation. Cette augmentation va se poursuivre dans les prochaines années, si bien que d’ici à 2050, sept foyers sur dix auront du mal à s’assurer, prévient l’ACPR. Cette explosion des tarifs des assurances est telle point que certains particuliers sont prêts à renoncer à s’assurer. Maud Descamps décrypte pour nous cette flambée des prix dans Bonjour ! La Matinale TF1. 

La flambée des prix de l’assurance habitation

D’après l’ACPR, deux raisons expliquent pourquoi les foyers français auront du mal à s’assurer d'ici à 2050. D’une part, les tarifs seront trop chers pour les assureurs qui refuseront d’assurer certains biens. D’autre part, ce sera trop cher pour les assurés qui n’auront plus la possibilité de se payer une assurance habitation. D’ailleurs, selon un sondage Poll & Roll pour Leocare, 28 % des Français sont prêts à renoncer à leur assurance habitation ou automobile. 

L’augmentation des prix des assurances se fait déjà ressentir. En 2024, les Français déboursent, en moyenne, 260 euros par an, en assurance, soit une hausse de 6 % par rapport à l’année précédente. Par ailleurs, le nombre de sinistres a également augmenté de 105 % par rapport à 2022, conséquence des nombreuses inondations, des coulées de boue, mais également des incendies causés par la sécheresse et les canicules. Les catastrophes naturelles sont de plus en plus fréquentes, à chaque saison. Conséquence ? Les assurances sont dans l’obligation d’augmenter leurs tarifs. D’ailleurs, on sait déjà qu’une hausse est prévue pour 2025. D’après les Échos, l’assurance habitation coûtera 16,50 de plus à partir du 1ᵉʳ janvier prochain. 

Le Bureau Central de Tarification peut imposer une assurance à un contribuable

Peu connu, le Bureau Central de Tarification peut venir en aide des particuliers qui se voient refuser une assurance habitation. Cette autorité administrative a la charge de garantir l’obligation d’assurance en matière de responsabilité des locataires, des copropriétaires et des syndicats de copropriétaires. 

Ainsi, lorsqu’une assurance refuse d’assurer un particulier, le BCT a le pouvoir d’imposer un contribuable à un assureur et l’assureur ne peut pas refuser. Cet organe intervient dans les cas d’assurance automobile, de construction, en matière médicale, catastrophe naturelle, mais aussi habitation. Dans le dernier cas, le rôle du BCT habitation concerne les locaux à usage d’habitation ou à usage mixte professionnel et d’habitation. Il peut être saisi par "toute personne physique ou morale assujettie à l’obligation d’assurance de responsabilité civile", précise le site de l’autorité et il fixe "la prime moyennant laquelle l’entreprise d’assurance désignée par l’assujetti est tenue de garantir le risque qui lui a été proposé".

Les communes connaissent également cette problématique d’assurance. En effet, les assureurs se désengagent face à la montée des catastrophes naturelles. Aujourd’hui, on estime à 1 500, le nombre de communes sans assurance. Un phénomène qui risque de s’aggraver dans les prochaines années avec le dérèglement climatique. 


Sabine BOUCHOUL | Chronique : Maud DESCAMPS

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