VIDÉO - Immobilier : comment le pouvoir d'achat chute dans les grandes villes

TF1 | Reportage Léa Deschateaux, Quentin Danjou
Publié le 4 janvier 2023 à 9h09, mis à jour le 4 janvier 2023 à 13h15

Source : JT 20h Semaine

Le taux des crédits immobiliers flambe : les banques prêtent moins, et plus cher.
Conséquence : le prix des logements augmente.
C’est à Angers que cette perte de pouvoir d’achat est la plus forte.

Mauvaise nouvelle si vous avez prévu d'acheter un bien immobilier en 2023 : les taux d'emprunt flambent et les prix des biens augmentent. Autrement dit, pour un apport mensuel équivalent, les nouveaux acquéreurs devront acheter un logement moins grand : en moyenne, en s'endettant sur 20 ans avec une mensualité à hauteur du tiers de leur revenu disponible, les Français de métropole peuvent acquérir un logement de 80 mètres carrés, selon de récents calculs du Conseil supérieur du notariat. C'est 4 de moins qu'en 2021, une chute inédite depuis 15 ans. Pour illustrer ce phénomène, le 20H de TF1 se rend dans la vidéo en tête de cet article à Angers, où cette perte de pouvoir d'achat est la plus forte. 

Ce jour-là, Monique Phocas, retraitée, visite pour la première fois un appartement en plein centre de cette ville du Maine-et-Loire. Son budget est de 200.000 euros. Malgré cela, elle le reconnaît, "les surfaces sont plus petites et on est obligé de faire des concessions". Dans son cas, cela veut dire acheter malgré des travaux. Aujourd’hui à Angers, un mètre carré coûte 400 euros de plus qu’il y a un an. Alors forcément, en achetant l’année dernière, Monique aurait eu plus d'espace. "Vous aviez facilement une pièce en plus et des appartements où il n'y avait rien à prévoir dedans", explique Pierre-Arnaud Drouvin, conseiller chez AJP Immobilier.

Les banques prêtent moins, et plus cher

Avec ses transports en commun, ses rues commerçantes et sa proximité avec Paris, 1h25 seulement en TGV, Angers attire. "L'après Covid, avec la recherche de maisons avec des jardins, a fait qu'on a eu un afflux plus important d'acheteurs, et les prix ont littéralement explosé. On parle d'une hausse de plus de 50% depuis 2019", précise encore le conseiller immobilier. Mais dans le même temps, en un an, le taux des crédits immobiliers a plus que doublé. Résultat, les banques prêtent moins qu’avant et le nombre d’acheteurs diminue.

C'est pourquoi le taux maximum légal du crédit immobilier, aussi appelé taux d'usure, a augmenté depuis le 1er janvier pour passer de 3,05% à 3,57% pour un emprunt de 20 ans et plus. Pour un emprunt inférieur à 10 ans, le taux est lui passé à 3,41% (contre 3,03% jusqu'ici) et celui pour un emprunt entre 10 et 20 ans est passé à 3,53% (contre 3,03%). Destiné à protéger les particuliers de conditions d'emprunt abusives, ce taux plafonne l'ensemble des frais d'un prêt immobilier : taux de crédit pratiqué par la banque, éventuelle commission des courtiers, assurance emprunteur. 

Avec la baisse du nombre d'acheteurs, peut-on s’attendre à une baisse des prix ? Difficile à dire, selon Maël Bernier, porte-parole de Meilleurtaux.com : "Pour qu'il y ait une baisse des prix, il faudrait qu'il y ait certes moins d'acheteurs, mais aussi beaucoup plus de vendeurs. Beaucoup de Français qui ont la chance d'avoir acheté durant les quatre dernières années ont évidemment tout intérêt à rester au chaud, à profiter de leur bien avec un taux à 1%", souligne-t-elle. 

Le contexte est donc moins favorable que l’an dernier, mais selon cette experte, les feux restent au vert pour l’achat. D’autant que les taux d'intérêt vont continuer d’augmenter. De quoi faire encore perdre quelques mètres carrés de pouvoir d’achat.


TF1 | Reportage Léa Deschateaux, Quentin Danjou

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