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"Si je peux le faire, vous pouvez" : cette maison en A n'a coûté que 35.000 euros

Léa Tintillier | Reportage TF1 Quentin Fichet, Yannis Matisse, Vincent Abellaneda
Publié le 17 mai 2022 à 9h50
JT Perso

Source : JT 20h WE

À 65 ans, Élisabeth Faure a construit sa maison en bois quasiment seule.
Son habitation, qui a la particularité d’être en forme de A, n’a coûté que 35.000 euros.
Une communauté de bricoleurs suit désormais ses plans et tutos.

À Lusignac, à travers les collines de Dordogne, l’habitation d’Élisabeth Faure interroge et détonne. Depuis neuf ans, cette femme habite dans une maison en A, qu’elle a construite elle-même. "Il faut être 'démerde', il ne faut pas avoir peur, mais il faut quand même bosser, il faut quand même se lever le matin et ça dure un à deux ans. C’est tout de même un marathon et ça peut être fatigant. Mais j’ai aimé chaque seconde de ce chantier", affirme-t-elle dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article. 

Derrière ce projet se cache une idée universelle : chacun mérite d’avoir un toit. Alors Élisabeth, qui a suivi des études d’architecture, a dessiné un habitat rudimentaire et accessible. Cette maison lui a coûté seulement 35.000 euros. Elle a été bâtie sur pilotis pour ne pas avoir à creuser de fondations coûteuses. "J’ai construit la mienne pour montrer que même une vieille de 65 balais peut le faire, donc si je peux le faire, vous pouvez le faire", déclare-t-elle.

Depuis plus de trois ans, la Dordognaise propose d'ailleurs son aide pour mener à bien ce chantier. Un projet qui connaît un grand succès sur les réseaux sociaux avec un documentaire, en accès libre, pour expliquer comment construire une maison en A. Surtout, la bâtisseuse motivée a mis en ligne de nombreux tutos gratuits pour permettre à tout le monde de construire sa propre habitation. 

Une maison atypique

Anthony Debarre fait partie de ceux qui se sont laissé charmer. Depuis neuf mois, il s’est lancé le même défi qu’Élisabeth pour faire des économies, mais pas seulement. "C’est l’idée d’avoir une maison atypique aussi. Quand je vois les maisons qu’il y a autour, ce sont des cubes de béton, il n’y a aucun cachet, aucun charme, aucune âme et donc ça, ça me plaisait aussi", explique-t-il.

Il va encore devoir meuler, percer, isoler avant de pouvoir y dormir. "La structure est simple, mais ce n’est pas facile. Il faut monter les triangles, il faut monter les plaques d’OSB à huit mètres de haut. On ne se rend quand même pas compte de l’ampleur du chantier, mais c’est intéressant et passionnant", poursuit Anthony. 

Des chalets qui se revendent au million d’euros

Cette maison tipi existe depuis des siècles, des plaines écossaises aux forêts américaines. Chacun l’adapte à son environnement. Dans les Alpes françaises, les chalets pointus, postés à flanc de montagne à la fin des années 1960, ont fait la réputation de la station des Arcs. "On avait l’idée d’avoir des stations populaires, des stations pour tous et surtout, les premiers propriétaires étaient des personnes qui travaillaient dans la station. C’est-à-dire grosso modo aujourd’hui, les saisonniers de la montagne", explique Jean-Marie Chevronnet, guide-conférencier aux Arcs. 

Ces bâtisses de bois, de mélèze et de sapin, bon marché, rapides à construire, ont une architecture en étoile. "C’est la maison totalement pratique, c’est-à-dire qu’on a quatre usages différents et surtout, on a une structure de bois qui va permettre d’avoir quatre vues. Du coup, ce qui est intéressant dans la structure, c’est qu’on a une vue à 360 degrés", poursuit Jean-Marie Chevronnet. La vocation économe et sociale des maisons triangles a toutefois complètement disparu dans les stations alpines. À l’origine, ces chalets coûtaient l’équivalent de 15.000 euros. Aujourd’hui, ils se vendent près d'un million d’euros. 


Léa Tintillier | Reportage TF1 Quentin Fichet, Yannis Matisse, Vincent Abellaneda

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