Plusieurs aides liées à la rénovation énergétique des bâtiments sont revues à la baisse.
Alors que le prix des matériaux et de l'énergie augmentent, certaines diminuent jusqu'à 30%.
Entreprises du secteur et associations environnementales s'interrogent.

C'est une mesure dont le timing interroge. Alors que le prix des matériaux augmente, ainsi que les prix de l'énergie, certaines aides versées aux ménages pour encourager la rénovation énergétique de leur logement ont été revues à la baisse ce dimanche 1er mai. Les primes liées aux certificats d'économie d'énergie (les CEE) vont en effet diminuer de 20 à 30%, selon les travaux engagés.

Ce dispositif, l'une des aides les plus importantes avec MaPrimeRénov', "constitue l’un des principaux instruments de la politique de maîtrise de la demande énergétique", rappelle le ministère de la Transition écologique sur son site. Lancé en 2006, il contraint les fournisseurs d'énergie à accompagner leurs clients dans leurs travaux de rénovation énergétique. Si les opérateurs remplissent ce contrat, ils reçoivent des certificats. Si le nombre de certificats reçus n'est pas suffisant, "des sanctions peuvent être prononcées", détaille le ministère.

Selon le site Capital, l'aide pour l'isolation des sols va ainsi baisser de 32%, celle pour l'isolation des toitures et des terrasses de 26% et celle les réseaux d'eau chaude sanitaire de 21%. Les primes pour l'isolation des murs vont quant à elles chuter de 33%, pour les logements chauffés à l'électricité et de 56% pour ceux chauffés au gaz ou au fioul.

En pratique, la diminution des aides pourrait freiner les projets de travaux de certains propriétaires. Dans le Vaucluse, Hugo, 27 ans, a acheté une maison inhabitée depuis 30 ans. Le coût des travaux s'est élevé à 12.000 euros. Le jeune homme, qui a validé son dossier de demande d'aides avant le 1er mai, n'aurait pas pu financer cette rénovation avec la nouvelle réglementation en vigueur. "Les aides se sont élevées à 40% du budget. Aujourd'hui, avec le changement de réglementation, on est à 20%", détaille-t-il, au micro de TF1, dans la vidéo en tête de cet article.

"Aujourd'hui, le projet aurait été sûrement abandonné, parce que ça représente une part importante du chantier de rénovation sur la maison", assure Hugo, qui a été reçu des aides à hauteur de 4500 euros.

L'inquiétude des particuliers

Pour le gouvernement, réduire ces primes a pour objectif de toucher un plus grand nombre de ménages, mais avec la même enveloppe budgétaire. Toutefois, alors qu'Emmanuel Macron, fraîchement réélu président, a promis d'investir pour accélérer ces rénovations énergétiques, les entreprises et associations redoutent que les propriétaires soient désormais moins enclins à engager des travaux, car la baisse des aides va automatiquement faire grimper leur facture. 

Si les demandes d'aides se sont multipliées ces derniers mois, c'est aujourd'hui l'inquiétude qui prime chez certains particuliers et professionnels. "Des personnes appellent et s'inquiètent de ce qui va se passer. On est obligé de faire appliquer la réglementation", explique Nadine Ondel, experte dans une société de rénovation. 

D'autres alternatives sont cependant possibles. "Ce qui peut être intéressant, c'est de chercher avec [les particuliers] d'autres aides, de les inciter, puisque dans les départements et les régions, certaines aides peuvent se cumuler avec les certificats d'économie d'énergie", assure l'experte.


F.R | Reportage TF1 Matthieu Perrot, Philippe Fontalba

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