VIDÉO - "On ressent de la colère" : à Limoges, le désarroi d'une centaine de familles à la maison inachevée

par Hamza HIZZIR | Reportage TF1 Carlo Parédès, Emmanuel Sarre
Publié le 24 janvier 2024 à 13h59

Source : JT 20h Semaine

Dans la région de Limoges, une centaine de futurs propriétaires se retrouvent avec des maisons inachevées.
Batidur, l’entreprise en charge des chantiers, a été placée en liquidation judiciaire.
Une équipe de TF1 s'est rendue sur place.

Si elles restent relativement rares, les faillites d’entreprises de construction immobilières se multiplient ces derniers mois. Rien qu’à Limoges (Haute-Vienne), après la liquidation judiciaire de Maisons Euro-France en avril 2023, a suivi le dépôt de bilan de Batidur, le 21 décembre. Un cauchemar pour la centaine de clients de ce pavillonneur qui ont vu leurs chantiers s’arrêter brutalement, les plongeant dans une expectative angoissante.

Roman Bardu rêvait de s’installer prochainement dans la maison de 90 mètres carrés qu’elle et son compagnon ont achetée pour 130.000 euros. "On ressent de la colère, de la tristesse. C’est quand même notre premier projet de vie. Comme première expérience, ça fait drôle… On se dit que tout va aller et puis, maintenant, on ne sait pas du tout quand on verra la fin", témoigne la future propriétaire auprès de TF1, sur le béton de fondations laissées en suspens, sans murs.

Non loin de là, dans un lotissement où les travaux sont un peu plus avancés, Rémi Bertrand, autre client de Batidur, partage ce désarroi. Entre les cloisons à ciel ouvert, il arpente son salon imaginaire, "avec une baie vitrée censée donner sur une éventuelle future terrasse", soupire-t-il. Comme le prévoit le contrat de vente, un nouveau constructeur sera bientôt désigné pour reprendre les chantiers… Avec une franchise de 5% du montant de la maison. "On a été surpris tout au long des travaux, au fur et à mesure des mois et des années qui passent, et là on apprend qu’on va sûrement payer 5% de plus, ce n’est pas négligeable", lâche, dans un sourire jaune, celui qui devra, en l’occurrence, s’acquitter de 7.000 euros supplémentaires.

Né dans les années 1980, le constructeur de maisons individuelles Batidur n’a pas survécu à la hausse du prix des matières premières, alors que les contrats avaient été signés avant cette flambée, voire avant la crise du Covid. "Les matières premières comme le gaz, qui servent par exemple pour les fours, la cuisson des briques et des tuiles, ont augmenté de plus de 50%, qu’on n’a pas pu absorber", explique Thierry Hubert, fondateur et ex-dirigeant de l’entreprise. Une liquidation qui s'est aussi soldée par le licenciement des 22 salariés et des sous-traitants, dont certains artisans se retrouvent avec près de 10.000 euros d’impayés. Des perspectives compliquées, qui fragiliseront encore le secteur en 2024 : 150.000 emplois pourraient disparaître.


Hamza HIZZIR | Reportage TF1 Carlo Parédès, Emmanuel Sarre

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