En France, près de 500.000 logements sont loués sur des plateformes de location de type Airbnb.
C'est le cas à Marseille, où ces appartements peuvent occuper des quartiers entiers.
Excédés, des habitants ont constitué un groupe pour s'y opposer, en ayant parfois recours à des méthodes radicales, comme vous le montre ce reportage du 20H de TF1.

"Brûlons les Airbnb". Sur les murs du centre-ville de Marseille, l'ennemi est clairement désigné. Depuis quelques mois, un collectif s'est créé pour dénoncer la montée de la location touristique dans certains quartiers de la ville. Face à de nombreux logements loués pour des courtes durées, la disponibilité pour la location longue durée s'amenuise et les loyers flambent. Si bien que les militants anonymes n'hésitent pas à recourir à des méthodes radicales pour faire entendre leur mécontentement.

Des loueurs qualifiés de "tueurs de quartier"

Sur des affiches collées aux murs du centre-ville, des loueurs d'appartements sont qualifiés de "tueurs de quartier", avec leur photo, leur prénom et leur adresse. Il y a six mois, un propriétaire a retrouvé son appartement complètement vandalisé. Plus récemment, la photo d'une valise contenant des boîtes à clés a été postée en ligne par des activistes anonymes. 

Dans un communiqué, le groupe qui dit représenter "les Marseillais et les Marseillaises du centre-ville" revendique le vol de 40 boites à clé. Il demande par ailleurs l’interdiction des meublés touristiques. "Sinon, nous serons dans l’obligation de continuer (...) nous attraperons les multipropriétaires un par un (…) et nous récupérerons nos logements par la force", menacent-ils.

Joseph Posh est concierge pour plusieurs logements disponibles sur la plateforme locative et prend ces menaces au sérieux. Lui aussi s’est fait voler des boites à clés. Résultat, il prend ses précautions et attend désormais la nuit pour trouver de nouvelles cachettes pour ses clés. "On met une clé à l’extérieur et une clé cachée dans la cage d’escalier, notamment dans la boite aux lettres", explique-t-il. Avec trois vols en dix jours, il n’a plus le choix.

12.000 logements meublés de tourisme à Marseille

Mais au-delà de ces méthodes extrêmes, les habitants du quartier reconnaissent que ces logements touristiques dérangent. Dans un des immeubles, "il y a deux personnes qui habitent et deux qui ne font que du Airbnb", témoigne un riverain, avouant que cela "fait un peu trop". "Avec des clients éphémères, à un moment, ça devient un quartier éphémère", juge également un commerçant.

En tout, Marseille compte plus de 12.000 meublés de tourisme, ce qui est beaucoup trop, dénonce aussi l'association "Un centre-ville pour tous". "Il faut empêcher que ce marché de la location saisonnière devienne un gros marché et que donc, des propriétaires aient plusieurs appartements et louent ces appartements à des prix exorbitants. Il faut réguler les prix et encadrer les prix de la location saisonnière", appelle Emmanuel Patris, membre de cette association.

De son côté, la mairie a commencé à réguler ces locations. Une brigade de contrôle vient notamment d’être créée pour surveiller les annonces. "On s’est rendu compte cet été qu’on avait 1500 annonces publiées sur les plateformes alors qu'elles n’avaient pas y être, qui étaient illégales, d’une manière ou d’une autre, qui étaient inexactes", souligne l'adjoint en charge du logement à la municipalité de Marseille, Patrick Amico. Certaines avaient été publiées sans autorisation de la mairie par exemple. En amont des Jeux olympiques, les contrôles vont s'intensifier. L'été prochain, la cité phocéenne devrait accueillir près de deux millions de visiteurs.


La rédaction de TF1info | Reportage TF1 Suzanne Prez, Gwenolé Skanff, Sylvain Fargeot

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