"Une bonne affaire" : pourquoi les ventes de passoires thermiques notées F ou G s'envolent

par T.A. | Reportage TF1 Fabien CHADEAU, Bertrand LACHAT et Fabrice MAILLARD
Publié le 25 janvier 2024 à 11h56, mis à jour le 25 janvier 2024 à 12h18

Source : TF1 Info

De nombreux appartements au bilan énergétique désastreux trouvent malgré tout preneurs sur le marché immobilier.
En investissant dans une passoire thermique, les acheteurs peuvent négocier le prix de leur logement.
Une équipe de TF1 a rencontré plusieurs propriétaires qui ont choisi cette option.

À Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne), cet appartement de 50 mètres carrés, au tarif de 295.000 euros, ne se vendait pas. La raison ? Un diagnostic énergétique catastrophique. Mais finalement, le logement ne restera pas inhabité plus longtemps. Son futur propriétaire, Jean-Baptiste Saled, a négocié une baisse de 20.000 euros par rapport au prix initial. "Pour nous, cela va être une bonne affaire, résume l'acheteur. Pour l'instant, les travaux qui sont envisagés rentrent complètement dans notre budget." Il a fait estimer le prix de la rénovation énergétique à mener dans son nouveau domicile par un entrepreneur. Résultat ? Un devis de 12.000 euros.

L'agent immobilier qui a trouvé l'appartement de Jean-Baptiste est formel : malgré les travaux à réaliser, acheter une passoire thermique aujourd'hui est une occasion à saisir. Comme le jeune homme, de nombreux acquéreurs se tournent vers ce type de biens. "Les ventes de logements notés F et G (les pires évaluations en matière de consommation d'énergie, NDLR) représentent aujourd'hui 40% du volume des transactions aujourd'hui dans notre agence, note Louis Foyard, responsable de l'agence immobilière "Hosman", à Paris. Ce sont de superbes opportunités, notamment pour les primo-accédants, qui peuvent négocier l'appartement à hauteur de 8 à 10%" du prix d'origine.

Des investisseurs à l'affut pour rénover des immeubles

Les biens mal isolés, de plus en plus nombreux sur le marché, le durcissement de la législation incitant les propriétaires à vendre plutôt qu’à rénover,  intéressent aussi les investisseurs. C'est le cas de Jonathan Anguelov, co-fondateur de la foncière "Aguessau Capital", à Paris. Il vient d'acheter un immeuble parisien dans ce mauvais état. Ce dernier arbore une façade art déco et une mosaïque d'époque, mais à l'intérieur, tout est à refaire. Chaque mètre carré coûtera au minimum 2.500 euros à rénover dans le bâtiment. Pour rentrer dans ses frais, l'homme a âprement négocié, puis obtenu une baisse de 40% du prix initialement affiché. 

"On achète 'bien' : on cherche à avoir une décote, il faut faire très attention à nos dépenses, à nos coûts, pour s'assurer d'avoir une marge confortable en fin de projet", précise l'homme d'affaires dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article. Dans deux ans, une fois rénovés, les 15 appartements seront revendus, mais cette fois au prix du marché. Dans ce quartier, le mètre carré est estimé à 11.000 euros. S'ils ne trouvent pas preneurs, les appartements seront mis en location, comme dans un autre immeuble, lui aussi réhabilité après avoir été racheté par Jonathan.

En France, il reste aujourd'hui près de cinq millions de passoires thermiques à rénover, dont environ 300.000 logements sociaux. 


T.A. | Reportage TF1 Fabien CHADEAU, Bertrand LACHAT et Fabrice MAILLARD

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