LE WE 20H

Le cauchemar des clients de Maisons Phénix face à l'arrêt des chantiers

M.D. | Reportage : Anaïs Barth, Vincent Lamhaut et William Wuillemin
Publié le 11 juillet 2022 à 11h25
JT Perso

Source : JT 20h WE

Le groupe Geoxia, propriétaire de la marque Maisons Phénix, a été mis en liquidation judiciaire le mois dernier
Pas moins de 1600 chantiers dans toute la France sont à l'arrêt depuis des mois.
Une équipe de TF1 a recueilli le témoignage d'une famille dans le Nord.

Bâtir sa propre maison, la famille Douce en rêvait, comme beaucoup de Français. Mais pour eux, le rêve a rapidement viré au cauchemar. Depuis trois mois, le chantier de leur future maison Phénix est à l’arrêt. A court de trésorerie, le groupe de construction de maisons individuelles Geoxia a été mis en liquidation par le tribunal de commerce de Nanterre, le 28 juin dernier. Avec lui, c'est plus de 1600 chantiers de maisons individuelles dans toute la France qui ont dû être arrêtés, plongeant dans l’incertitude plus de 3.500 clients des marques Maisons Phénix, Maison Castor, Maison Familiale ou encore Maison Briot.

Lire aussi

Pour les clients, comme la famille Douce, c'est la douche froide. "C’est un mélange de peine et de colère. De la peine, parce que c’est un projet de vie. On est une famille avec trois enfants, et on a envie de les mettre à l'abri. De la colère, parce qu’on a l’impression d’avoir été mené par le bout du nez par un groupe avec lequel nous avons signé parce qu’on le pensait solide", déplore Henri-Alexis. "Et, en fait, on se retrouve avec le maximum d’emmerdes possibles", embraye sa compagne, qui ne décolère pas.

Sans nouvelle du constructeur pour l’instant, le couple va devoir trouver un autre logement en urgence "Aujourd’hui, on va devoir payer la maison, c’est-à-dire un loyer de maison avec amortissement, ce qui représente à peu près 1000 euros par mois. Et, en plus, on va devoir prendre un logement qui coûte lui aussi environ 1000 euros par mois. Notre vœu le plus pieu, c’est que les travaux reprennent et qu’on puisse être livrés", reprend Henri-Alexis Douce. Pour terminer les travaux en cours, les assurances du constructeur entrent en jeu.

On a parfaitement conscience que c’est une situation difficile pour les clients. Mais ce n’est pas une situation de rêve brisé.

Patrick Dixneuf, responsable en charge d’Imhotep assurances

Dans le cas de Geoxia, il y a en trois : Axa et CGI Batiment et Imhotep, une filiale interne du groupe de construction. C’est cette dernière qui fait l’objet de toutes les inquiétudes. Face à un sinistre aussi exceptionnel, aura-t-elle les fonds ? Joint par TF1, son administrateur se veut rassurant. "Il faut être transparent, il y aura des délais, assume Patrick Dixneuf, responsable en charge d’Imhotep assurances. Mais, encore une fois, le contrat de garantie couvre les pénalités de retard." Reste à savoir quand ?

 "On a parfaitement conscience que c’est une situation difficile pour les clients, reprend le responsable. Mais ce n’est pas une situation de rêve brisé. On est là pour assurer une bonne fin. C’est exactement le mécanisme qu’a prévu la loi. Les pénalités de retard vont arriver pour permettre aux gens de se retourner." Mais le défi reste toutefois immense. Geoxia avait des techniques de construction très spécifiques, il faudra trouver de la main d’œuvre qualifiée dans une période tendue. Les chantiers pourraient donc pâtir d’un retard de six mois à un an.

 


M.D. | Reportage : Anaïs Barth, Vincent Lamhaut et William Wuillemin

Tout
TF1 Info