À Bordeaux, il y a deux ans, quatre immeubles s'étaient effondrés.
Des habitants avaient dû être évacués. Ceux qui sont restés sont toujours sur leur garde.
Un phénomène sans doute accentué par les effets de la sécheresse.

Un trou béant où plus rien ne subsiste. Il y a plus d'un an, un immeuble s'écroulait à Bordeaux en quelques secondes seulement. Le souvenir douloureux de certains, devenu une inquiétude permanente pour les riverains. "Là, vous voyez, c'est un exemple d'immeubles étayé, l'immeuble a été évacué. Vous voyez cette fissure, elle est importante", montre Stéphane Pusateri, président de l'association des riverains et résidents de Bordeaux.

Dans toute la ville, plusieurs dizaines d'immeubles menacent encore de s'effondrer. Derrière ces fissures, l'hypothèse, selon les habitants, d'une mauvaise rénovation des rues de la ville. "Maintenant, une grande partie du centre historique est complètement bétonnée, avec une dalle de 40 à 45 centimètres qui ne laisse absolument pas passer l'eau, ce qui entraine une fragilisation des bâtiments", précise Stéphane Pusateri. 

Le problème des dalles de béton

Des bâtiments, mais aussi des rues du centre-ville fragilisées, selon une association de riverains. "Voyez l'état lamentable, on peut tomber sans problème. On est sur un sol de béton, un sol qui est très dur, ce qui fait que quand les camions passent, ils descellent tout au fur et à mesure", ajoute l'un des membres de l'association. 

Comme Venise, la ville s'est construite sur d'anciens marécages soutenus par des pieux centenaires, mais avec l'arrivée des dalles de béton, il n'y a plus de transfert d'eau possible. Elle ne peut ni s'infiltrer, ni s'évaporer. Résultat, les pieux se fragilisent et tout se répercute sur la fondation.

La seule issue, selon les riverains, est de revenir à la méthode des pavés dans le sable. "Ça offre une certaine souplesse, c'est-à-dire que si le sous-sol vient à bouger, et bien le pavage épouse les modifications du sol. L'eau peut rentrer, ressortir", explique un historien du patrimoine. 

Loin d'être la solution miracle pour d'autres, la mairie n'a pour l'instant trouvé aucun revêtement satisfaisant. "Certaines chaussées, qui sont très très fréquentées ou alors qui sont en pente, ne permettent pas cet aménagement-là parce qu'il serait trop fragile et rapidement détérioré. L'idée, c'est de trouver une chaussée qui soit solide, à long terme, et qui soit perméable. Là, on est encore dans la technologie à trouver", affirme Didier Jeanjean, adjoint (EELV) au maire de Bordeaux. 

Depuis deux ans, au total, quatre immeubles se sont effondrés à Bordeaux.


La rédaction de TF1info | Reportage vidéo : Lise Cloix, Alexandra Vieira

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