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VIDÉO - Les canaux d'irrigation, cette méthode ancestrale d'arrosage qui n'utilise pas l'eau potable

M.G | Reportage TF1 Vincent Capus, Didier Laborde
Publié le 3 août 2022 à 13h06, mis à jour le 3 août 2022 à 15h35
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

La France est confrontée ces derniers jours à son troisième épisode estival caniculaire.
Dans cette période où les mesures de restriction se multiplient, économiser l'eau potable devient particulièrement important.
Les habitants de Saint-Martin-Vésubie, eux, misent sur un système ancien : les canaux d'irrigation.

Les solutions du passé sont parfois les meilleures. Face à la nouvelle vague de chaleur qui frappe l'Hexagone - tous les départements ont été placés en vigilance sécheresse -, les Français redoublent d'ingéniosité pour réussir à concilier économie de l'eau potable et arrosage des jardins ou des cultures. Les habitants de Saint-Martin-Vésubie (Alpes-Maritimes) n'ont, eux, pas à chercher très loin. Même en dehors des périodes de restriction, ils peuvent compter sur une technique ancestrale : un canal d'irrigation.

Seulement 40 euros par an

Une centaine de riverains profitent de ce petit cours d'eau artificiel, capté en amont dans la rivière. En temps normal, il leur permet d'arroser jardins et potagers tout l’été. Un luxe d'autant plus substantiel avec les canicules successives. "On l’apprécie depuis déjà des années. Mais cette année, on l’apprécie encore plus. C’est source de vie : sans eau, on ne peut rien faire", philosophe Bernard au micro de TF1. Comme tous les adhérents de l’association du canal, ce dernier ne paye pas l’eau consommée mais une cotisation annuelle proportionnelle à la surface de son terrain. Cela ne lui coûte que 40 euros par an et quelques jours de travail pour entretenir le vieil ouvrage. "C’est un bien que nos ancêtres avaient fait. Des canaux, il y en a partout dans la montagne. C’est l’un des rares à rester [fonctionnel] parce qu’on s’en occupe", souligne-t-il. 

"C’est un véritable trésor, on y fait très attention"

Le canal fonctionne de mai à septembre. Pour dériver l’eau, certains habitants utilisent toujours des martellières. "Je suis en train de bloquer l’eau qui arrive de la rivière pour qu’elle déborde dans mon jardin, pour arroser", explique Sarah, une autre bénéficiaire du canal. Grâce à l’eau de ce dernier, et malgré l'aridité du climat, elle a sauvé la production de son verger. "D’habitude, on a la chance de pouvoir bénéficier d’orages. Cette année, ils sont quand même assez rares", argue-t-elle. "Le canal permet vraiment aux poiriers et aux fruitiers de se préserver", savoure-t-elle. 

Utiliser l’eau du canal pour l’arrosage permet de préserver l’eau potable du village. Pas question, pour autant, de la gaspiller. Son utilisation est très réglementée. "C’est un véritable trésor, on en est très conscients. On y fait très attention", affirme Géraldine de Caqueray, présidente de l’association syndicale autorisée du canal de Nantelle, à Saint-Martin-Vésubie. "Tous les adhérents ont des jours d’arrosage. C’est par quartiers", précise-t-elle. "C’est pour avoir une discipline entre usagers", conclut-elle. 

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 Quand cette eau n’est pas utilisée, elle retourne tout simplement, à certaines heures de la journée, à la rivière. 


M.G | Reportage TF1 Vincent Capus, Didier Laborde

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