Assassinat de Kennedy : 60 ans après, reste-t-il des documents classifiés ?

Publié le 22 novembre 2023 à 15h32

Source : JT 13h Semaine

Le 22 novembre 1963, le président des États-Unis John F. Kennedy était assassiné à Dallas.
60 ans plus tard, et alors que l'affaire reste entourée de mystère, des documents sont-ils toujours gardés secrets par les autorités américaines ?
TF1info fait le point.

C'est probablement le dossier le plus commenté et le plus controversé de l'histoire américaine. Le 22 novembre 1963, le président John F. Kennedy était assassiné à Dallas, au Texas, alors qu'il paradait avec son épouse, Jacqueline, dans une Lincoln Continental décapotable. Les images de la première dame couverte des restes de son époux, tentant vainement de lui porter secours, firent le tour du monde. Le dossier, lui, alimente depuis les théories les plus diverses, alors même qu'un homme, Lee Harvey Oswald, est le coupable officiellement désigné par les autorités américaines.

Un climat de soupçon entretenu malgré elles par les plus hautes instances du pays qui, 60 ans après les faits, gardent toujours secrète une partie des cinq millions de pages relatives à cette affaire. Mais combien exactement ?

Pour se pencher sur ce dossier tentaculaire, il convient de remonter jusqu'en 1964 : cette année-là, la commission d'enquête dite "commission Warren" détermine que Lee Harvey Oswald, un ancien Marine ayant vécu en Union soviétique, a agi seul dans l'assassinat du président Kennedy. Mais le suspect a été tué deux jours après par un propriétaire de discothèque, Jack Ruby, au moment de son transfèrement depuis la prison municipale. C'est l'un des points qui alimentent le plus les théories du complot.

Près de trois décennies plus tard, en 1992, le Congrès vote une loi exigeant que les documents liés au défunt chef d'État soient publiés, dans leur ensemble et sans caviardage (comprenez : sans rendre illisibles certains passages), sous 25 ans. C'est pour s'y plier que les différentes administrations du pays rendront progressivement publics (et en partie seulement) ces documents.

1% de documents toujours classifiés

C'est notamment le cas en 2017 sous Donald Trump, puis en 2021 et 2022. Cette dernière année, les Archives nationales dévoilent plus de 13.000 documents relatifs à l'affaire. Le président Joe Biden indique alors dans une note qu'un nombre "limité" de documents ne peuvent pas être rendus publics, une mesure "nécessaire" afin de "prévenir des dommages sur la défense militaire, les opérations de renseignement, les forces de l'ordre ou la politique étrangère". Fin juin 2023, nouvelle salve : au total, 99% des pages liées au dossier ont été rendues publiques, annoncent la Maison-Blanche et les Archives nationales, selon CNN.

Dans ces dizaines de milliers de documents publiés au cours des dernières années, on en apprend davantage sur Lee Harvey Oswald, et sur les personnes qu'il a rencontrées dans les semaines, les mois, et les années précédant l'assassinat de JFK. On découvre aussi ce qu'en dit le KGB : d'après un agent des services secrets russes, l'ex-militaire avait bien été recruté par l'URSS, mais était considéré comme "un peu fou et imprévisible". Il n'aurait, en outre, "jamais été chargé" par Moscou "de tuer le président Kennedy".

Mais 60 ans après les faits, les zones d'ombre demeurent, y compris au sein de l'administration américaine. Car cette dernière, qui disposait en 1992 de 25 ans pour dévoiler l'ensemble des pages en sa possession dans l'affaire Kennedy, en retient toujours 1%. Et prend toujours grand soin, dans celles dévoilées au public, d'expurger les passages les plus sensibles.


Maxime MAGNIER

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