La Russie va "étudier" la possibilité de livrer du gaz supplémentaire à la Hongrie cette année, a déclaré ce jeudi le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.
Budapest veut acheter 700 millions de mètres cubes de gaz supplémentaires.
Avant la guerre en Ukraine, la Hongrie se faisait livrer 4,5 milliards de mètres de cubes de gaz.

"Aujourd'hui, nos collègues ont fait part de l'intérêt du gouvernement hongrois pour un nouvel achat de gaz naturel cette année. Cette requête sera immédiatement transmise et étudiée", a déclaré Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie russe, lors d'une conférence de presse, ce jeudi 21 juillet. En effet, le chef de la diplomatie hongroise a effectué une visite impromptue à Moscou. L’objectif : discuter de l'achat de 700 millions de mètres cubes supplémentaires de gaz qui viendraient s'ajouter aux 4,5 milliards déjà livrés chaque année à Budapest avant la guerre en Ukraine.

Le but est de "garantir la sécurité de l'approvisionnement énergétique de la Hongrie dans les prochains mois", a souligné Péter Szijjarto, ministre des Affaires étrangères hongrois, réputé proche du Kremlin. Or, "dans le contexte actuel, qu'on le veuille ou non", il est "tout simplement impossible" de se procurer ce surplus "sans apport russe, c'est un fait", a-t-il ajouté. 

"On peut donner de faux espoirs, on peut rêver, on peut brasser du vent, mais les faits et la réalité physique sont têtus", a insisté le ministre. Il devait également s'entretenir avec le vice-Premier ministre russe, Alexandre Novak, homme fort du secteur de l'énergie en Russie. 

Une relation ambiguë et stratégique

Cette visite intervient au lendemain de la présentation par Bruxelles d'un plan visant à diminuer de 15% la demande européenne de gaz. Ce plan permet notamment de surmonter la chute des livraisons russes et ainsi de s'affranchir de Moscou. La Hongrie, pays d'Europe centrale enclavé, sans accès à la mer, importe 65% de son pétrole de Russie, et 80% de son gaz. Le pays s'inquiète face au risque de pénurie. Un "état d'urgence" a même été décrété la semaine dernière.

Viktor Orban a condamné l'offensive russe contre l'Ukraine mais entretient une position ambiguë vis-à-vis de la Russie. Il a voté les sanctions aux côtés de ses partenaires de l'Union européenne. Il a néanmoins bloqué, pendant des semaines, un projet d'embargo sur le pétrole russe, parlant de "bombe atomique" lâchée sur son économie, avant d'obtenir une exemption pour le pétrole acheminé par oléoduc.

Depuis, il ne cesse de blâmer cette politique de sanctions pour expliquer la détérioration de la situation hongroise. L'UE "s'est tiré une balle dans les poumons", a-t-il récemment lancé, appelant les dirigeants de l'UE à changer de cap. 

Lors de la conférence de presse de jeudi, Sergueï Lavrov a d'ailleurs fait l'éloge des relations entre Moscou et Budapest, membre de l'Union européenne. "J'apprécie réellement nos relations. Nos discussions aujourd'hui ont confirmé leur nature durable et stratégique. Et nous allons les développer de toutes les façons possibles", a-t-il affirmé.

La Russie ne laissera pas les sanctions européennes "interférer avec notre coopération, et nous chercherons des solutions pour rendre notre coopération dans tous les domaines imperméable à ces caprices et tentatives de punition", a-t-il conclu.


Samuel AZEMARD avec AFP

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