La France fait-elle les bons choix face au virus ?

À Mayotte, la peur d’une épidémie hors de contrôle à cause du variant sud-africain

ALG
Publié le 5 février 2021 à 20h38
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

CRAINTE - Dans l'archipel, la forte hausse des contaminations ayant motivé un reconfinement, pourrait s'expliquer par la propagation des variants. À commencer par celui détecté en Afrique du Sud.

La situation sanitaire se dégrade dans le département de Mayotte, où circule le variant sud-africain. Face à des indicateurs de l'épidémie de Covid-19 tous à la hausse, les autorités ont décidé d'un reconfinement dans le département d'Outre-mer pour au moins trois semaines, à compter de ce vendredi. Selon le ministère, cette décision se justifie par une "très forte augmentation des hospitalisations de cas Covid ces derniers jours: 77 patients sont actuellement hospitalisés et 11 patients sont en réanimation".

Du 3 janvier au 3 février, le taux d'incidence est passé de 50 à 415 cas pour 100.000 habitants avec un taux de positivité de 17%. De plus, les patients admis en réanimation sont plus jeunes (entre 45 et 60 ans) et présentent des formes plus graves avec des détresses respiratoires aiguës sévères. 

Le nombre de porteurs est beaucoup plus élevé

Le ministère des Outre-Mer

"Il est fort probable que cette présence de personnes plus jeunes en réanimation s'explique par la présence confirmée des variants 202012/01 (identifié au Royaume-Uni) et 501 (identifié en Afrique du Sud) de la Covid-19", estime le ministère. De son côté, la préfecture pointe que "les délais de séquençage s'élevant à plusieurs jours, le nombre de porteurs de ces variants est en réalité beaucoup plus élevé."

"Compte tenu de la transmissibilité bien plus élevée du variant sud-africain, il est probable que celui-ci atteigne plus facilement des personnes fragiles, générant de plus en plus de formes graves de la maladie", observe pour sa part Santé publique France, tout en précisant qu'"aucun élément scientifique n'indique qu'il serait à l'origine de formes plus sévères ou d'un risque accru de décès chez les personnes infectées". 

La porosité des frontières pointée du doigt

Comment expliquer une circulation du virus, et des variants, aussi fulgurante ? "On est à proximité des Comores, à 70 km des côtes d’Anjouan, et ce n'est un secret pour personne que nos frontières étant ce qu'elles sont, c'est-à-dire poreuses, les gens vont et viennent des autres îles vers Mayotte. On sait que là-bas, même si on ne sait pas exactement ce qui s'y passe, le variant sud-africain y sévit pas mal", avance Ramlati Ali, députée La République en marche de la première circonscription de Mayotte, auprès de franceinfo. "Et donc, forcément, on s'attendait que cela viendrait à Mayotte et cela n'a pas raté, ce variant circule. Le confinement tout seul ne suffira pas", poursuit-elle.

Alors que la crainte d'une épidémie hors de contrôle à cause des variants grandit, le préfet a annoncé que des moyens supplémentaires ont été alloués par le gouvernement. À savoir, "une surveillance plus accrue, la Marine serait dans les parages pour surveiller les frontières" et "des moyens de surveillance aérienne", détaille Ramlati Ali. Et de poursuivre : "Si on arrive à arrêter le flux de ceux qui viennent des autres îles, on pourra arrêter ce qui se passe dans les territoires. Je pense que ça pourrait quand même apporter les résultats escomptés, peut-être pas dans l'immédiat, mais on peut espérer que dans les trois semaines, que la courbe puisse descendre."

Trois semaines, c'est la période sur laquelle le taux d'incidence a quadruplé à Mayotte tandis qu'il a été multiplié par dix en un mois. A titre de comparaison, pour la France entière, le taux d'incidence est stabilisé à 213 depuis une dizaine de jours et en hausse de 14 % en trois semaines.


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