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À son retour de Russie, Tucker Carlson a-t-il décrit Vladimir Poutine comme un "taré absolu" ?

Publié le 1 mars 2024 à 18h15

Source : TF1 Info

Après avoir passé huit jours en Russie et interviewé Vladimir Poutine, le présentateur américain Tucker Carlson est revenu dans un podcast sur cette expérience.
Un témoignage au cours duquel il aurait décrit le président russe comme un "taré absolu", lit-on sur le réseau social X.
Les Vérificateurs ont écouté ce podcast de trois heures, qui n'a rien d'une charge virulente contre le Kremlin ou Poutine.

Début février, le sulfureux journaliste américain Tucker Carlson se rendait en Russie. Un voyage d'un peu plus d'une semaine, qui a débuté par un rendez-vous très suivi et commenté : l'interview de Vladimir Poutine. Cet échange fleuve avec le président russe, le présentateur l'a évoqué en longueur ces derniers jours. Tucker Carlson a en effet répondu à l'invitation du chercheur et informaticien Lex Fridman, qui produit des podcasts et s'adresse à plus de 3 millions d'abonnés.

La discussion entre les deux hommes a porté sur des sujets variés, mais il a surtout été question de l'interview à Moscou de Vladimir Poutine. Un internaute qui a écouté l'épisode évoque sur les réseaux sociaux les "révélations [...] savoureuses" de Carlson au sujet du chef d'État russe, "qu’il qualifie littéralement de taré absolu". Selon d'autres messages, c'est même un Poutine "cinglé" qui a été décrit.  Un résumé pour le moins contestable, lorsque l'on se penche sur l'intégralité des discussions.

Deux véritables critiques frontales majeures

En seulement quelques jours, le podcast numéro 414 de Lex Fridman a dépassé les 3 millions de visionnages rien que sur YouTube. Durant les trois heures d'échange avec Tucker Carlson, ce dernier est revenu en détails sur la manière dont il avait abordé sa rencontre avec Poutine, et comment ce dernier lui est apparu "nerveux au premier regard". Le président russe lui a donné le sentiment d'être un "étudiant qui avait trop révisé", manquant quelque peu de spontanéité.

L'Américain a confié qu'il espérait non seulement pouvoir découvrir le fond de la pensée de Vladimir Poutine, mais aussi parvenir à "perforer quelques mensonges" autour du conflit mené en Ukraine. S'il a évoqué au fil du podcast à plusieurs reprises une Russie où il ne "souhaiterait pas vivre", il serait trompeur de résumer ce long entretien par des critiques acerbes envers son interlocuteur du Kremlin.

À deux reprises, Tucker Carlson affiche une forme de véhémence envers le pensionnaire du Kremlin. Lorsqu'il évoque tout d'abord le sort du journaliste américain Evan Gershkovich, arrêté il y a près d'un an en Russie et qui se trouve accusé d'espionnage. Le présentateur, qui espérait parvenir à œuvrer à sa libération, s'est heurté à un mur. Il a ainsi expliqué à Lex Fridman que dans ce dossier, Poutine affichait un "raisonnement absurde".

L'autre critique frontale du dirigeant porte sur la question de la "dénazification" de l'Ukraine. Cet argumentaire, mis en avant par Moscou comme un motif de poursuite de la guerre, "est l'une des choses les plus stupides que j'aie jamais entendues", relate Carlson. Il concède d'ailleurs n'avoir même "pas compris ce que cela signifiait". L'Ukraine est ainsi associée "à un régime maléfique qui n'existe plus, [...] indissociable de la nation allemande". Selon lui, "Poutine déteste le nationalisme en général", il en "a peur". Et ce serait précisément contre ce nationalisme que le Kremlin se battrait. "Je le comprends, mais j'ai un point de vue différent", tranche le journaliste. "Je suis pour le nationalisme, je suis pour le nationalisme américain, donc je ne suis pas d'accord avec Poutine sur ce point". Qualifier les Ukrainiens de nazis en 2024 lui semble dès lors "puéril".

Plusieurs passages élogieux envers la Russie

Il s'avère très réducteur de résumer le témoignage de Tucker Carlson à ses critiques sur la "dénazification" prônée par Poutine. Au cours des trois heures de podcast qui ont été enregistrées, il a en effet affiché une position assez nuancée sur la Russie, évitant de prendre parti pour un camp ou un autre. "Ce n'est pas un pays libre, pas une démocratie dans le sens où nous l'entendons. Ce n'est pas un pays dans lequel je voudrais vivre", a-t-il glissé. 

Il a par ailleurs déploré l'emprisonnement et le décès d'Alexeï Navalny, avant de changer de ton quelques minutes plus tard et d'évoquer avec un grand enthousiasme ses visites de Moscou. La capitale russe l'a enchanté, dépeinte comme "belle" et "sûre". La vie y est présentée comme agréable, absolument pas contrainte par les sanctions occidentales. Du discours de Carlson n'émane pas d'apparente russophilie, mais il est en revanche impossible de faire abstraction des très vives critiques formulées à l'encontre des hauts responsables américains, Joe Biden en tête. À plusieurs reprises, cette escapade russe est utilisée comme prétexte pour s'en prendre au locataire de la Maison-Blanche et à son administration. 

Au cours de son récit, Tucker Carlson a évoqué l'état de santé de Vladimir Poutine et expliqué n'avoir pas eu le sentiment qu'il avait affaire à un homme diminué physiquement. Et ce, malgré un très long mandat. Cette gouvernance de plus de deux décennies s'est traduite aux yeux de l'Américain par des "éléments positifs", au niveau de "l'économie russe" ou de l'allongement de "l'espérance de vie", par exemple. Mais le journaliste mentionne aussi d'autres points plus négatifs. Après autant de temps au pouvoir, "vous devenez bizarre et autocratique", estime-t-il, "c’est pourquoi nous avons des limitations sur la durée des mandats" aux États-Unis. Et d'assurer que "rares sont les rois qui ne deviennent pas fous en vieillissant".

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Thomas DESZPOT

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