Damien Abad accusé de violences sexuelles, un ministre dans la tourmente

Affaire Abad : le parquet de Paris n'ouvre pas d'enquête, faute de pouvoir identifier la victime

F.S.
Publié le 25 mai 2022 à 16h25, mis à jour le 25 mai 2022 à 16h42
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Le parquet de Paris avait reçu le 20 mai le signalement d'une accusation de viols et d'agressions sexuelles par Damien Abad.
Selon les informations de TF1info, la justice ne donne pas suite, faute de pouvoir identifier la victime.

C'est l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique, une association d'élues et de collaboratrices du monde politique, qui avait transmis le signalement d'une victime présumée du nouveau ministre des Solidarités, Damien Abad. Surnommée "Chloé", la jeune femme avait transmis son témoignage à cette association, qui l'a relayée auprès des partis LR (que Damien Abad vient de quitter), LaREM (qu'il vient de rejoindre), et de la justice. 

Si le parquet de Paris reconnaît bien avoir été le destinataire d'un courrier les 20 et 23 mai, selon les informations recueillies par TF1info, il estime ne pas pouvoir y donner suite "en l'état, faute de pouvoir identifier la victime des faits dénoncés, et dès lors, de procéder à son audition".

Une première plainte classée sans suite

Ce sont deux femmes qui accusent Damien Abad de viols commis en 2010 et 2011, selon les informations qu'avait révélées Mediapart au lendemain de sa nomination dans le nouveau gouvernement d'Elisabeth Borne. Le parquet avait confirmé dimanche "qu'une première plainte déposée pour des faits de viol a été classée sans suite le 6 avril 2012 du fait de la carence de la plaignante", et qu'une deuxième plainte pour les mêmes faits "a été classée sans suite le 5 décembre 2017", faute "d'infraction suffisamment caractérisée". Il s'agit des plaintes déposées par Margaux, une ancienne militante centriste de 35 ans, qui avait confirmé son récit à l'AFP.

Une politique pénale assumée

Avec la décision annoncée ce mercredi concernant la plainte de "Chloé", le parquet de Paris applique la politique pénale qu'il a mise en place depuis quelques années en matière de violences sexuelles. Une enquête est systématiquement ouverte dès qu'une victime mineure au moment des faits est évoquée, même en l'absence de plainte, afin de vérifier s'il n'en existe pas d'autres. En revanche, si les faits concernent des personnes majeures, le parquet se réserve la possibilité d'ouvrir une enquête uniquement si la ou les victimes le saisissent d'une plainte. 

L'Observatoire des violences sexuelles et sexistes en politique, à l'origine de la transmission du témoignage anonyme de Chloé, s'est insurgé contre la décision du parquet (voir tweet ci-dessus). L'association s'étonne que le parquet n'ait pas tenté d'en savoir plus en la contactant, et rappelle que "la lutte contre les violences sexuelles ne peut pas reposer uniquement sur la capacité des victimes à s'engager dans des parcours judiciaires longs, douloureux et coûteux". Selon l'Observatoire, Chloé ne sent pas "capable de survivre à un tourbillon judiciaire destiné à blanchir son violeur".

Lire aussi

"Je n'ai jamais violé une seule femme de ma vie", s'était défendu lundi Damien Abad, qui n'envisage pas de démissionner. La nouvelle porte-parole du gouvernement, Olivia Grégoire, avait estimé à l'issue du premier Conseil des ministres du nouveau gouvernement que "la justice est la seule à devoir ou à pouvoir trancher"


F.S.

Tout
TF1 Info