Affaire des sous-marins : une crise inédite entre la France, l'Australie et les États-Unis

Crise des sous-marins : la France rappelle ses ambassadeurs aux États-Unis et en Australie

La rédaction de LCI
Publié le 17 septembre 2021 à 21h59, mis à jour le 18 septembre 2021 à 22h02
JT Perso

Source : TF1 Info

DIPLOMATIE - Après l'annulation du contrat par l'Australie de l'achat de sous-marins à la France, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, annonce le rappel des ambassadeurs aux États-Unis et en Australie "pour consultations". Une première.

Entre Paris et Washington, le torchon brûle de plus en plus. Ce vendredi, la France a décidé de rappeler pour consultations ses ambassadeurs aux États-Unis et en Australie. En cause, la "gravité exceptionnelle" de l'annonce du partenariat stratégique entre Washington, Londres et Canberra débouchant sur l'annulation par l'Australie d'un gros contrat d'achat de sous-marins à la France, annonce le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

"À la demande du président de la République, j’ai décidé du rappel immédiat à Paris pour consultations de nos deux ambassadeurs aux États-Unis et en Australie. Cette décision exceptionnelle est justifiée par la gravité exceptionnelle des annonces effectuées le 15 septembre par l'Australie et les États-Unis", déclare-t-il dans un communiqué.

Interrogé sur le plateau de France 2 samedi, il a dénoncé un "mensonge (...), une duplicité (...), une rupture majeure de confiance" et un "mépris" de la part des alliés de la France.

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"L'abandon du projet de sous-marins de classe océanique qui liait l'Australie à la France depuis 2016, et l'annonce d'un nouveau partenariat avec les États-Unis visant à lancer des études sur une possible future coopération sur des sous-marins à propulsion nucléaire, constituent des comportements inacceptables entre alliés et partenaires, dont les conséquences touchent à la conception même que nous nous faisons de nos alliances, de nos partenariats et de l'importance de l'Indopacifique pour l'Europe", a précisé Jean-Yves Le Drian dans son communiqué.

"Les deux ambassadeurs seront reçus très prochainement par le Président et le ministre des Affaires étrangères", a indiqué à LCI une source diplomatique, expliquant qu'il y avait "un besoin de clarification des États-Unis" et que cette initiative revêtait un caractère "exceptionnel"

Le rappel de l'ambassadeur français à Londres a été jugé en revanche inutile : "on connait leur opportunisme permanent", a-t-il ironisé quelques mois après le Brexit. "La Grande-Bretagne dans cette affaire, c'est quand même un peu la cinquième roue du carrosse".

Les "regrets" des États-Unis

Les États-Unis "regrettent" la décision française, a fait savoir vendredi un responsable de la Maison Blanche, refusant d'être identifié. "Toutefois nous resterons engagés dans les jours à venir pour résoudre nos différends, comme nous l'avons fait à d'autres occasions au cours de notre longue alliance", a-t-il déclaré.

C'est la première fois qu'une telle décision est prise vis-à-vis de ces deux pays, notamment les États-Unis, alliés historiques de la France depuis leur guerre d'indépendance. La France a également annulé une soirée de gala prévue vendredi soir pour commémorer l'anniversaire de la bataille de Chesapeake Bay, décisive dans la guerre d'indépendance des États-Unis, conclue par une victoire de la flotte française sur la flotte britannique, le 5 septembre 1781.

"Je comprends parfaitement la déception" de la France, a réagi la cheffe de la diplomatie australienne Marise Payne. "Il est évident que ce sont des questions difficiles à gérer. Mais nous continuerons à travailler de manière constructive en étroite collaboration avec nos collègues français."


La rédaction de LCI

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