Affaire Pegasus : les États-Unis placent la société à l'origine du logiciel espion sur leur liste noire

Publié le 3 novembre 2021 à 16h38, mis à jour le 3 novembre 2021 à 17h11

Source : JT 20h Semaine

CYBERSÉCURITÉ - La société israélienne ayant fabriqué le logiciel Pegasus, qui a permis d'espionner les numéros de plusieurs personnalités dont Emmanuel Macron, a été placée sur la liste noire des États-Unis. Le groupe s'est dit "consterné par cette décision".

Le ministère américain du Commerce a annoncé ce mercredi qu'il avait ajouté NSO Group, la société israélienne qui fabrique le logiciel d'espionnage Pegasus, à sa liste des entreprises interdites. Elle constitue, selon le ministère, une menace pour la sécurité nationale des États-Unis.

NSO s'est retrouvé exposé cet été après des enquêtes publiées par un consortium de 17 médias internationaux, révélant que Pegasus aurait permis d'espionner les numéros de journalistes, hommes politiques, militants ou chefs d'entreprises de différents pays, y compris le président de la République Emmanuel Macron.

Ces programmes informatiques "ont permis à des gouvernements étrangers de faire de la répression au-delà de leurs frontières [...] pour réduire au silence toute voix dissonante", soulignent les autorités américaines dans un communiqué. Le ministère a aussi interdit une autre société israélienne (Candiru), une société russe (Positive technologies) et une société singapourienne (Computer Security Initiative Consultancy PTE).

"Les États-Unis sont déterminés à utiliser de manière incisive le contrôle des exportations pour responsabiliser les entreprises qui développent, commercialisent ou utilisent des technologies à des fins malveillantes, qui menacent la cybersécurité des membres de la société civile ou du gouvernement, des dissidents, et d'organisations basées ici et à l'étranger", a déclaré la ministre Gina Raimondo. Cette liste noire restreint les échanges commerciaux avec les firmes qui sont placées sur cette liste.

Peu après l'annonce, le groupe NSO s'est dit "consterné par la décision" des États-Unis. "Nous travaillerons pour faire en sorte que cette décision soit changée", a assuré un porte-parole de la société, ajoutant que l'entreprise dispose d'une charte éthique "rigoureuse, basée sur les valeurs américaines".


La rédaction de TF1info avec AFP

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