L'affaire Pegasus, un espionnage au niveau mondial

Pegasus : soupçonné d’espionnage, le Maroc attaque Amnesty International et Forbidden Stories en diffamation

La rédaction de LCI (avec AFP)
Publié le 22 juillet 2021 à 19h32
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

RIPOSTE - Suspecté d’être impliqué dans une affaire d’espionnage international, le Maroc se retourne contre deux associations qui l'accusent de figurer parmi les clients du logiciel espion Pegasus.

Accusé d'utiliser le logiciel espion Pegasus, le Maroc lance une contre-offensive. Accusé d'avoir eu recours au logiciel d'espionnage Pegasus, l’État chérifien a décidé d'attaquer en diffamation Amnesty et Forbidden Stories devant le tribunal correctionnel de Paris, a annoncé jeudi son avocat dans un communiqué transmis à l'AFP.

Ces deux associations sont à l'origine de la révélation d’une liste de personnalités publiques potentiellement ciblées par le logiciel espion Pegasus, du groupe israélien NSO, à la demande de plusieurs pays - dont potentiellement le Maroc. Le Mexique, l’Arabie Saoudite et la Hongrie seraient aussi mis en cause.

La liste a été partagée par les deux organisations avec un consortium de 17 médias, dont Le Monde et Radio France, qui ont révélé son existence dimanche 18 juillet. Introduit dans un smartphone, ce logiciel permet d'en récupérer les messages, photos, contacts, et d'activer à distances les micros. 

Créé en 2016, ce registre compilerait 50.000 numéros de téléphone de politiques, militants ou journalistes, autant de contacts potentiels à surveiller à travers le monde. Parmi eux pourraient figurer certaines lignes d’Emmanuel Macron et de quinze autres membres du gouvernement, dont l'ancien Premier ministre Edouard Philippe et les ministres Jean-Yves Le Drian et Gérald Darmanin. Selon l’enquête, les services de renseignement marocains seraient à l’origine de cette potentielle tentative d’espionnage. 

Un “procès d’intention médiatique”

Face à ces accusations, le Maroc "souhaite que toute la lumière soit faite sur les allégations mensongères de ces deux organisations qui avancent des éléments sans la moindre preuve concrète et démontrée", accuse Me Baratelli. "L’État marocain considère faire face à une nouvelle affaire de liste et que le passé a largement démontré qu’il était aisé de tirer des conclusions mensongères de telles pratiques", ajoute l'avocat, déplorant un "procès d’intention médiatique, infondé et visiblement créé de toute pièce pour déstabiliser la relation diplomatique profonde entre le Maroc et la France".

Dès lundi, le gouvernement marocain s'était défendu en démentant avoir acquis des "logiciels informatiques pour infiltrer des appareils de communication", avant de menacer mercredi d'"opter pour une démarche judiciaire". Parallèlement, le parquet général marocain a annoncé mercredi "l'ouverture d'une enquête judiciaire sur ces fausses allégations et accusations".

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Une première audience procédurale est prévue le 8 octobre devant la chambre spécialisée en droit de la presse, mais le procès ne devrait pas avoir lieu avant environ deux ans.

Selon la cellule investigation de Radio France, le roi du Maroc Mohammed VI et son entourage auraient également été pris pour cible par le logiciel. "Nous avons en effet pu établir qu'un des numéros de téléphone qui figurent dans le listing des services de renseignement marocains est bien celui de Mohammed VI, avait-elle affirmé mardi. Et tout son entourage a subi le même sort."


La rédaction de LCI (avec AFP)

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