L'Afghanistan aux mains des talibans

Afghanistan : exécution publique, droits des femmes... Les promesses envolées des talibans

T.G
Publié le 21 décembre 2022 à 10h55, mis à jour le 22 décembre 2022 à 17h04
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

En ce mois de décembre, en Afghanistan, un homme a été exécuté publiquement, et plusieurs dizaines de personnes flagellées par les talibans.
Deux exemples illustrant le retour à une application ultra-rigoriste de l'islam, malgré les promesses faites à leur retour au pouvoir à l'été 2021.

Comme un air de déjà-vu. Plus d'un an après leur retour au pouvoir, les talibans ont détricoté une à une les mesures instaurées durant deux décennies par les gouvernements successifs. Et ainsi rétabli un émirat islamique, où la charia fait désormais partie du quotidien des habitants.

Mars 2022 : les lycées et collèges fermés aux filles

Les talibans, en dépit de leur promesse initiale d'un régime plus souple que lors de leur passage au pouvoir entre 1996 et 2001, imposent aux femmes des restrictions drastiques. Le 23 mars 2022, ils font refermer aux filles les lycées et collèges, quelques heures à peine après leur réouverture pourtant annoncée de longue date.  L'Afghanistan devient de facto le seul pays au monde où l'école secondaire est interdite aux filles.

Avril : TikTok bloqué

La rue n'est pas le seul endroit où le régime veut avoir un droit de regard : TikTok et le jeu vidéo PlayerUnknown's Battlegrounds (PUBG) sont aussi interdits, accusés de dévoyer la jeunesse.

Mai : le retour de la burqa

Le chef suprême de l'Afghanistan franchit un nouveau palier, ordonnant que les Afghanes portent désormais en public la burqa. "Les femmes qui ne sont ni trop jeunes ni trop vieilles devraient voiler leur visage quand elles font face à un homme qui n'est pas membre de leur famille" pour éviter la provocation, ajoute alors le décret du pouvoir. Par ailleurs, si elles n'ont pas d'importante tâche à effectuer à l'extérieur, il est "mieux pour elles de rester à la maison", poursuit le régime. Plus largement, les interdictions pleuvent. Sont notamment bannies : musique non religieuse, représentation de visages humains sur des publicités, diffusion à la télé de films ou séries montrant des femmes non voilées. Dans le même temps, les fondamentalistes demandent aux hommes de porter le vêtement traditionnel et de se laisser pousser la barbe.

Novembre : des haut-parleurs pour la prière

Des centaines de nouveaux haut-parleurs ont été installés dans la capitale afghane, Kaboul, afin d'encourager les fidèles à aller prier. Le ministère de la Prévention du vice et de la Promotion de la vertu a également expliqué que des centaines d’échoppes vides et autres lieux inutilisés avaient été récemment convertis en mosquées, afin que chacun ait la possibilité de prier en commun. 

Novembre : gymnases, bains et hammams prohibés

Nouvelle liste d'interdits, visant cette fois-ci les gymnases et les bains publics, désormais interdits aux femmes. Selon le ministère de la Prévention du vice et de la Promotion de la vertu, les hammams, ces bains publics où traditionnellement hommes et femmes sont séparés, sont concernés. Les talibans ont aussi sommé les responsables des parcs et jardins de fermer leurs portes aux femmes. Jusqu'ici, des horaires et jours différenciés avaient été instaurés pour que les deux sexes ne se croisent pas.

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Décembre : le retour de la charia

La loi islamique fait son retour dans le pays. Et, avec elle, les sanctions telles que les exécutions publiques, les lapidations et les flagellations, ou encore l'amputation des membres pour les voleurs. Mercredi 7 décembre, les talibans ont ainsi procédé à l'exécution d'un homme accusé de meurtre devant plusieurs centaines de personnes à Farah (ouest). Le condamné à mort a été tué de trois balles tirées par le père de sa victime, en vertu de la loi du talion. Et ce jeudi, 27 personnes ont été fouettées devant la foule. Les raisons évoquées ? La sodomie, l'adultère, le faux témoignage, la débauche, la fuite du domicile conjugal ou encore le vol ainsi que la vente et la détention de drogue.

Les filles bannies des universités

Les autorités talibanes ont annoncé le 20 décembre que les universités afghanes étaient désormais interdites aux filles. Aucune explication n'a été fournie pour le moment pour justifier cette décision. L'interdiction de l'enseignement supérieur intervient moins de trois mois après que des milliers de filles et de femmes ont passé les examens d'entrée à l'université dans tout le pays. Nombre d'entre elles aspiraient à choisir entre des carrières d'ingénieur ou de médecin, bien que privées d'accès aux écoles secondaires.

Les femmes interdites de travailler avec les ONG

Les autorités talibanes ont ordonné aux Organisations non gouvernementales (ONG) nationales et internationales de ne plus travailler avec des femmes après des "plaintes sérieuses" selon lesquelles elles ne respectaient pas un code vestimentaire approprié, a indiqué à l'AFP le ministère de l'Économie, le 24 décembre.

"Il y a eu des plaintes sérieuses concernant le non-respect du hijab islamique et d'autres règles et règlements relatifs au travail des femmes dans les organisations nationales et internationales", a affirmé le ministère, chargé d'approuver les licences des ONG opérant en Afghanistan, dans une lettre obtenue par l'AFP. Un porte-parole du ministère a confirmé que le ministère de l'Économie avait envoyé cet ordre aux ONG. "En cas de négligence de la directive (...) la licence de l'organisation qui a été délivrée par ce ministère sera annulée", précise le courrier.


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