L'Afghanistan aux mains des talibans

Afghanistan : que sait-on des principaux leaders des talibans ?

Thibault Nadal avec AFP
Publié le 15 août 2021 à 13h27
Afghanistan : que sait-on des principaux leaders des talibans ?

Source : AFP

DIRIGEANTS - Les talibans sont sur le point de revenir au pouvoir en Afghanistan et encerclent Kaboul, ce 15 août. En quelques jours seulement, les figures de ce mouvement fondamentaliste islamiste qui a vu le jour en 1994 et qui contrôle désormais la majeure partie du pays.

Les talibans ont mis la main sur Jalalabad au nord-ouest ce dimanche matin. Les combattants ont ensuite amorcé une avancée dans Kaboul, alors qu'ils ont l'ordre de rester aux portes de la ville. Les insurgés islamistes contrôlent désormais la quasi-totalité du territoire afghan et ce n'est plus qu'une question d'heures avant de voir la capitale du pays tomber à leurs pieds. Les autorités afghanes assurent négocier la reddition de la ville afin que la transition avec les nouveaux maitres de l'Afghanistan s'effectuent de façon pacifique. 

Le mouvement taliban fondé en 1994 par le mollah Omar s'est structuré, depuis, autour de plusieurs leaders. Aujourd’hui, ils sont quatre à se partager le pouvoir.

Haibatullah Akhundzada, le leader suprême

Haibatullah Akhundzada a été nommé à la tête des talibans en mai 2016 lors d'une rapide transition du pouvoir, quelques jours après la mort de son prédécesseur, Mansour, tué par une frappe d'un drone américain au Pakistan. S'il jouissait d'une grande influence au sein de l'insurrection, dont il dirigeait le système judiciaire, certains analystes estiment que son rôle à la tête du mouvement serait davantage symbolique qu'opérationnel.

Originaire de Kandahar, ville berceau des Talibans, Akhundzada a rapidement obtenu une promesse de loyauté de la part d'Ayman al-Zawahiri, le chef d'Al-Qaïda. L’Égyptien l'a qualifié d'"émir des croyants", une appellation qui lui a permis d'asseoir sa crédibilité dans l'univers jihadiste.

Akhundzada a eu la délicate mission d'unifier les talibans, fracturés par une violente lutte pour le pouvoir après la mort de Mansour. Depuis, il se contente de rester discret, se limitant à diffuser de rares messages annuels lors des fêtes islamiques.

Baradar, le cofondateur du mouvement

Abdul Ghani Baradar a, lui aussi, grandi à Kandahar. Il est le cofondateur du mouvement des talibans avec le Mohammad Omar, décédé en 2013.  Il était le chef militaire des talibans quand il a été arrêté en 2010 à Karachi, au Pakistan. Il a été libéré en 2018, sous la pression en particulier de Washington.

Écouté et respecté des différentes factions talibanes, il a ensuite été nommé chef de leur bureau politique, situé au Qatar. De là, il a conduit les négociations avec les Américains menant au retrait des forces étrangères d'Afghanistan, puis aux pourparlers de paix avec le gouvernement afghans, qui n'ont rien donné.

Baradar et Mike Pompeo, chef de la diplomatie américaine, à Doha en décembre 2020. - Patrick Semansky / POOL / AFP

Sirajuddin Haqqani, le chef du réseau Haqqani

Fils d'un célèbre commandant du djihad anti-soviétique, Jalaluddin Haqqani, Sirajuddin est à la fois le numéro deux des talibans et le chef du puissant réseau portant son nom de famille.

Le réseau Haqqani, fondé par son père, est qualifié de terroriste par Washington, qui l'a toujours considéré comme l'une des plus dangereuses factions combattant les troupes américaines et de l'Otan ces deux dernières décennies en Afghanistan.  Plusieurs attaques parmi les plus violentes perpétrées en Afghanistan ces dernières années ont été attribuées au réseau Haqqani. 

Connus pour leur indépendance, leur habileté au combat et leurs affaires juteuses, les Haqqani seraient en charge des opérations talibanes dans les zones montagneuses de l'est afghan et auraient une forte influence sur les décisions du mouvement.

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Yaqoub, l'héritier

Fils de Mohammad Omar, chef des talibans de 1994 à 2013, Yaqoub est le chef de la puissante commission militaire des talibans, qui décide des orientations stratégiques dans la guerre contre le gouvernement afghan.

Son ascendance et ses liens avec son père, qui faisait l'objet d'un véritable culte en tant que chef des talibans, en font une figure unificatrice au sein d'un mouvement large et diverse.

Les spéculations sur son rôle exact dans le mouvement sont toutefois persistantes. Certains analystes estiment que sa nomination à la tête de cette commission en 2020 n'était que purement symbolique.


Thibault Nadal avec AFP

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