Afghanistan : les talibans délivrent des "lettres de pardon" pour s'éviter l'opposition de l'armée

T.N
Publié le 16 août 2021 à 12h41

Source : TF1 Info

REDDITION - Après la prise du pays par les talibans, les soldats de l'armée afghane font souvent le choix de se rendre. Ils espèrent recevoir une lettre de pardon leur permettant d'être graciés.

C'est une scène qui peut paraître surréaliste. Lors de la prise d'Hérat, de nombreux militaires de l'armée afghane ont envahi le palais du gouverneur à la recherche de... talibans. Ils espéraient ainsi obtenir des insurgés une lettre d'amnistie garantissant leur sécurité dans le pays.

"Je suis venu ici pour avoir une lettre d'amnistie afin que je puisse quitter la ville", a expliqué Ahmed Shahidi, un soldat de l'armée afghane à Herat. 

Les talibans ont annoncé vouloir une "transition pacifique du pouvoir". Alors, dans chaque ville conquise, ils écrivent les noms des soldats afghans qui souhaitent recevoir des lettres de pardon en échange de leur reddition. Une fois leur nom donné, les soldats doivent attendre qu'un homme tenant des bordereaux d'amnistie crie leur nom. 

Un responsable des talibans, Najeebullah Karokhi, affirme que dans la matinée du 15 août, 3000 personnes avaient obtenu une amnistie.

"Ceux qui viennent d'autres provinces auront une lettre d'amnistie temporaire de trois jours afin qu'ils puissent se rendre dans leur province d'origine, où ils doivent obtenir une autre lettre d'amnistie, valable à long terme, de nos fonctionnaires", a-t-il déclaré. 

Après la prise de Kaboul, les mêmes scènes se sont répétées dans la capitale afghane, Kaboul. "J’étais un membre des forces afghanes dans le corps zafar, j'ai été encerclé par les talibans et maintenant je suis ici pour obtenir une lettre de pardon afin de quitter la ville  et trouver un endroit où je pourrai rester en sécurité", a confié cet ancien militaire.  

Tous espèrent fuir le plus loin possible et ainsi éviter les scènes de 2001, lorsque les talibans se vengeaient des soldats afghans qui avaient combattus contre eux, mais aussi des personnes qui ne partageaient pas leur valeur rigoriste de l'Islam. 


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