L'Afghanistan aux mains des talibans

Afghanistan : WhatsApp ferme un groupe des talibans ouvert pour la population

CQ
Publié le 18 août 2021 à 11h55
Afghanistan : WhatsApp ferme un groupe des talibans ouvert pour la population

Source : DAMIEN MEYER / AFP

RÉSEAU SOCIAL - Facebook a fermé une ligne d'assistance sur Whatsapp, créée par des talibans à destination de la population afghane. "Nous sommes obligés de nous plier aux lois américaines sur les sanctions", a indiqué le groupe.

Fait inédit depuis le retour au pouvoir des talibans en Afghanistan, Facebook a annoncé fermer un groupe WhatsApp -réseau qu'il détient depuis 2014- ouvert par des talibans. Celui-ci devait faire office de ligne téléphonique d'urgence à destination de la population pour répondre à ses questions et gérer ses plaintes au sujet d'éventuels pillages ou violences, comme annoncé dimanche par les insurgés islamistes, au moment de la reprise de Kaboul. 

À la suite de pressions subies, rapporte le Financial Times, le groupe américain a donc annoncé mardi 17 août la clôture du groupe en question. Facebook a précisé avoir bloqué le numéro ouvert ainsi que d'autres "chaînes officielles des talibans" et scanner activement les noms et photos de profils au sein de ces groupes afin d'empêcher leur utilisation par les talibans. "Nous sommes obligés de nous plier aux lois américaines sur les sanctions. Cela inclut l'interdiction de comptes qui se présentent comme des comptes officiels des talibans", a ajouté un porte-parole de WhatsApp à l'AFP, avant d'indiquer se remettre à la décision des autorités américaines compétentes, "étant donné l'évolution de la situation en Afghanistan". 

Une stratégie pas forcément payante

La plateforme a indiqué avoir à sa disposition une équipe d'experts, parlant les langues du pays, pour les aider "à identifier et à alerter des problèmes émergents sur la plate-forme". "Peu importe qui détient le pouvoir, nous prendrons des mesures appropriées contre les comptes et contenus qui enfreignent nos règles", a insisté le porte-parole. Lors d'une conférence de presse donnée le même jour, le porte-parole des insurgés a répondu à Facebook, critiquant sa position sur la liberté d'expression. "La question devrait être posée à ceux qui assurent être les garants de la liberté d'expression mais qui n'autorisent pas la publication de toutes les informations. L'entreprise Facebook, c'est à eux qu'il faut poser la question", a souligné Zabihullah Mujahid dans une conférence diffusée en ligne.

Ceci étant, la position du géant américain a été remise en question par des experts de la région, qui y voient un isolement de la population afghane dans un pays désormais dirigé par des insurgés islamistes et fondamentalistes. "Empêcher la communication entre les gens et les talibans n'aide pas les Afghans, c'est juste de la démagogie", a estimé en ce sens Ashley Jackson, ancienne travailleuse humanitaire de la Croix-Rouge et d'Oxfam en Afghanistan, auprès du Financial Times. "Dans cette situation vraiment bizarre et qui évolue rapidement, les civils ont besoin de toutes les ressources qu'ils peuvent obtenir, et c'est l'une d'entre elles." 

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Si l'utilisation des réseaux sociaux par les talibans n'est pas nouvelle, elle leur a été fortement utile dans la communication autour de leur conquête des villes et de la capitale afghane. Dimanche, le porte-parole avait par exemple annoncé sur Twitter que les insurgés étaient "entrés dans la ville de Kaboul pour y assurer la sécurité".


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