Fin de l'ultimatum de la Cédéao, espace aérien fermé... Le point sur la situation au Niger

par I.N
Publié le 7 août 2023 à 8h15

Source : TF1 Info

L'ultimatum de la Cédéao, visant à rétablir dans ses fonctions le président du Niger Mohamed Bazoum, a pris fin dans la nuit de dimanche à lundi.
Face à "la menace d'intervention" armée, les militaires ayant pris le pouvoir ont fermé l'espace aérien du pays "jusqu'à nouvel ordre".
Voici le point sur la situation au Niger.

Voilà près de deux semaines que le Niger est en proie à un coup d'État. Le 26 juillet dernier, les militaires prenaient le pouvoir et retenaient le président Mohamed Bazoum dans sa résidence. Depuis, la situation ne s'est pas décantée, malgré les pressions internationales visant à rétablir le chef de l'État dans ses fonctions. TF1info fait le point sur la situation actuelle, ce lundi 7 août 2023.

L'ultimatum a pris fin. Le 30 juillet, la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a adressé un ultimatum aux militaires pour rétablir dans ses fonctions le président Bazoum, sous peine d'intervention armée. Cet ultimatum a pris fin à minuit (heure de Niamey), dans la nuit de dimanche à lundi.

L'espace aérien fermé. Peu avant la fin de cet ultimatum, les putschistes ont fermé l'espace aérien du pays. "Face à la menace d'intervention qui se précise à partir des pays voisins, l'espace aérien nigérien est fermé [...] jusqu'à nouvel ordre", a indiqué dimanche soir le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP, qui a pris le pouvoir) dans un communiqué. Il précise que "toute tentative de violation de l'espace aérien" entraînera "une riposte énergique et instantanée". Les frontières terrestres et aériennes du Niger avec cinq pays (Algérie, Burkina Faso, Libye, Mali, Tchad), fermées lors du coup d'État du 26 juillet, avaient été rouvertes le 2 août.

"Renforcer l'option politique et diplomatique"

L'option militaire pas privilégiée ? La perspective d'une intervention armée suscite inquiétudes et critiques. Samedi, les sénateurs du Nigeria, poids lourd de la Cédéao avec ses 215 millions d'habitants et qui partage une frontière de 1500 kilomètres avec le Niger, ont appelé le président Bola Tinubu à "renforcer l'option politique et diplomatique". L'Algérie, autre voisin du Niger et acteur majeur dans le Sahel, a également émis des réserves. Le président Abdelmadjid Tebboune a estimé qu'une intervention serait "une menace directe" pour son pays. "Il n'y aura aucune solution sans nous", a-t-il ajouté, craignant que "tout le Sahel s'embrase."

Démonstration de force. Dimanche après-midi, quelque 30.000 partisans du coup d'État, dont beaucoup brandissaient des drapeaux du Niger, du Burkina Faso et de la Russie, se sont livrés à une démonstration de force dans le plus grand stade du Niger à Niamey. Des membres du CNSP sont arrivés triomphalement au stade dans un convoi de pickups, acclamés et entourés par une foule enfiévrée, ont constaté des journalistes de l'AFP. Le général Mohamed Toumba, numéro trois du CNSP, a pris la parole pour dénoncer ceux "qui sont tapis dans l'ombre" et qui "sont en train de manigancer la subversion" contre "la marche en avant du Niger". "Nous sommes au courant de leur plan machiavélique."

Quid de la France ? Ciblée par les soutiens du putsch, la France, ex-puissance coloniale, tient une position identique à celle de la Cédéo, à savoir permettre au président Bazoum d'exercer ses fonctions. Ce week-end, Paris a annoncé suspendre "jusqu'à nouvel ordre toutes ses actions d'aide au développement et d'appui budgétaire" au Burkina Faso, pays solidaire des militaires ayant pris le pouvoir au Niger.


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