La France et ses partenaires européens ont officialisé jeudi leur retrait militaire du Mali.
Si Barkhane s'achève, les Casques bleus de la Minusma vont rester sur place.
Les mercenaires du groupe russe Wagner sont, eux, de plus en plus présents.

Et maintenant ? Alors que le retrait des forces françaises du Mali a été acté ce jeudi 17 février par Emmanuel Macron, le pays africain va devoir composer sans le soutien tricolore pour contenir la menace djihadiste sur son sol. Une menace contre laquelle Bamako va lutter en s'appuyant sur les Casques bleus de la force Minusma (ONU), mais aussi les troupes russes de la société Wagner. Reste à savoir si l'omniprésence de cette dernière ne va pas provoquer le retrait de la première.

Le retrait français aura un "impact" sur la mission de l'ONU, laquelle "s'adaptera", a d'ailleurs reconnu ce jeudi un porte-parole des Nations unies. Pour l'heure, la force Minusma, créée en 2013 pour soutenir le processus politique malien, demeure l'une des missions de paix les plus importantes de l'ONU dans le monde. Elle est aussi la plus meurtrière pour ses Casques bleus : 154 morts dans des actes hostiles. 

L'avenir de la Minusma plus qu'incertain

Composée de près de 15.000 personnes - 13.289 militaires et 1920 policiers –, la Minusma est aujourd'hui l'une des missions de paix de l'ONU les plus coûteuses : son budget annuel dépasse les 1,2 milliard de dollars. Pour autant, son avenir est plus qu'incertain. En effet, la fin au Mali de Barkhane pourrait entraîner des départs à moyen terme de contingents européens - Angleterre, Allemagne... - qui contribuent jusqu'à présent à la Minusma, selon des diplomates. Notamment car les forces françaises apportent à la Minusma un appui aérien avec des avions de chasse et des hélicoptères d'attaque, et un soutien dans le domaine médical, avec notamment un hôpital bien équipé à Gao (nord).

Pour l'Allemagne, le sort de ses 1100 Casques bleus autorisés au Mali - actuellement au nombre de 539, selon l'ONU - sera décidé en mai par le Parlement. La participation du Royaume-Uni - qui avait consacré son retour dans les opérations de paix onusiennes après une longue absence -, est de 300 Casques bleus possibles (dont 255 sur le terrain actuellement).  

Si l'avenir de la Minusma au Mali s'assombrit, celui du groupe de mercenaires russes Wagner semble, lui, radieux. La présence de ce groupe privé a été identifiée ces dernières années dans une vingtaine de pays africains. "Ils arrivent au Mali avec des finalités prédatrices (...) parce que la junte, qui est au pouvoir après deux coups d'État, considère que ce sont les meilleurs partenaires qu'ils peuvent trouver pour protéger leur propre pouvoir, pas pour lutter contre le terrorisme", n'a pas hésité à marteler Emmanuel Macron, ce jeudi. 

Le président français a estimé à environ 800 le nombre de mercenaires actuellement déployés au Mali, un chiffre déjà évoqué par plusieurs sources sécuritaires françaises. La junte persiste pour sa part à démentir tout engagement de Wagner et évoque une coopération militaire avec la Russie.

Wagner, "ce sont des anciens militaires russes, armés par la Russie et accompagnés par une logistique russe. En Centrafrique, ils sont allés faire de la prédation en échangeant la sécurité des autorités contre le droit d'exploiter impunément des ressources minières", avait commenté, fin janvier, le patron du Quai d'Orsay, Jean-Yves Le Drian, dans une interview publiée par le Journal du dimanche.


Thomas GUIEN

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