L'Algérie se soulève contre Bouteflika

Algérie : Saïd Bouteflika, le frère de l'ex-Président, a été incarcéré

La rédaction de LCI
Publié le 5 mai 2019 à 12h03
Algérie : Saïd Bouteflika, le frère de l'ex-Président, a été incarcéré

Source : AFP

FIN DE RÈGNE - Trois nouvelles figures proches d'Abdelaziz Bouteflika ont été arrêtées samedi, dont son frère, Saïd Bouteflika, et deux anciens hauts responsables du renseignement, les généraux Toufik et Tartag. Des arrestations qui surviennent au lendemain d'une nouvelle journée de mobilisation. Les trois hommes ont été incarcérés.

Il était l'un des hommes les plus puissants d'Algérie. Il est désormais en prison. Saïd Bouteflika, le frère et ex-conseiller du président démissionnaire a été arrêté samedi. A 61 ans, il était considéré comme le véritable homme fort du palais présidentiel depuis l'accident vasculaire cérébral dont a été victime Abdelaziz Bouteflika en avril 2013. C'est à ce titre que les manifestants réclamaient son départ depuis plusieurs semaines et encore ce vendredi. Il a été arrêté samedi 4 mai, alors qu'il ne s'était plus montré en public depuis le 2 avril, date de la démission de son frère. 

Saïd Bouteflika, le général Toufik et le général Tartag

Malgré la démission du Président, les protestataires continuent en effet de réclamer le renouvellement du gouvernement et le départ de toutes les grandes figures du système Bouteflika. Pour tenter de contenter les Algériens, le chef d'état major de l'armée Ahmed Gaïd Salah a ordonné une série d'arrestations dans le monde politique et économique. En plus de Saïd Bouteflika, deux anciens hauts responsables du renseignement auraient été visés ce week-end. Le général Mohamed Mediene dit "général Toufik", patron des services secrets d'Algérie durant 25 ans, et l'ex-coordinateur des services de renseignements, le général Athmane Tartag, ont été interpellés. La source sécuritaire ayant transmis ces informations n'a pas précisé les raisons de ces arrestations. Dans un communiqué, les autorités algériennes confirment que les trois hommes ont été incarcérés.

Accusé d'avoir voulu instaurer un "état d'urgence"

Un ancien responsable de l'armée algérienne, le général Khaled Nezzar, a accusé récemment Saïd Bouteflika de vouloir instaurer l’état d’urgence ou l’état de siège, et d'avoir même envisagé de limoger le général Gaïd Salah, avant la démission de son frère.

Homme influent du pays depuis qu'il s'est désolidarisé d'Abdelaziz Bouteflika, le général Gaïd Salah est aussi connu pour entretenir des relations houleuses avec le général Toufik. Mi-avril, il l'avait accusé publiquement de "conspirer" pour entraver les solutions de sortie de crise et lui avait "lancé un dernier avertissement". Encore sous la présidence de Bouteflika, le général Gaïd Salah avait d'ailleurs poussé Toufik à la sortie en septembre 2015, puis avait contribué à la dissolution de son service placé sous la tutelle de l'armée.

Le général Tartag quant à lui, présenté par la presse algérienne comme un proche de Saïd Bouteflika, avait été limogé aussitôt après la démission du chef de l'Etat. Lui aussi a été visé indirectement par Gaïd Salah dans le même discours du 16 avril. Il l'a accusé d'avoir participé à des "réunions suspectes" pour "conspirer autour des revendications du peuple et afin d'entraver les solutions de l'Armée nationale populaire et les propositions de sortie de crise".

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Plusieurs personnalités proches du régime Bouteflika ont été entendues par la justice ces dernières semaines. Cinq puissants et richissimes hommes d'affaires, dont quatre proches de l'ex-président et de son frère, ont été placés en détention provisoire. Le parquet d'Alger a aussi entendu cette semaine Ahmed Ouyahia, quatre fois Premier ministre depuis 1995. Le général Gaïd Salah a même appelé la justice à "accélérer la cadence" des enquêtes. Certains de ses détracteurs craignent ainsi que, tout en étant une réponse à la contestation, ces enquêtes servent de levier de "purge" interne.


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