Neuf personnes comparaissent à partir de ce lundi à Stuttgart pour avoir fomenté un coup d'État.
Ces individus faisant tous partie d'un réseau armé d'extrême droite, les "Citoyens du Reich".
Plus de 1200 armes appartenant au groupe auxquels ils appartenaient ont été saisies par la police.

C'est une affaire qui avait fait grand bruit outre-Rhin. Neuf personnes comparaissent ce lundi devant la justice allemande à Stuttgart pour avoir fomenté un coup d'État contre le Parlement du pays. Ils étaient tous membres d'un réseau armé, dont les membres se baptisaient les "citoyens du Reich" ("Reichsbürger", en allemand). Adhérant à des thèses complotistes et d'extrême droite, ce groupuscule a été démantelé fin 2022 par les forces de l'ordre allemandes. Deux autres procès, l'un à Munich, l'autre à Francfort, auront aussi lieu ces prochaines semaines.

Des profils étonnants parmi les suspects

Concrètement, le groupe avait élaboré tout un plan pour envahir le Reichstag, le palais qui accueille la chambre des députés dans la capitale allemande, puis arrêter les élus et accaparer le pouvoir. Leur chef de file présumé ? Henri XIII, dit prince Reuss, un aristocrate suspecté d'avoir été le cerveau de toute cette opération. Cet homme d'affaires septuagénaire ne sera pas jugé lors de ce premier procès, mais lors d'une audience ultérieure. Son objectif : faire advenir le retour de la monarchie en Allemagne, à l'instar du régime du Reich avant la Première Guerre mondiale. 

Le profil des suspects présentés à la justice ce lundi, âgés de 42 à 60 ans, est étonnant : une ancienne parlementaire, un ex-haut gradé de l'armée allemande ou encore une astrologue. L'enquête a permis d'établir avec précision les différents rôles joués par les protagonistes de la mouvance. Parmi les neuf personnes jugées à Stuttgart, deux d'entre elles avaient été chargées de former au combat les volontaires. Un autre avait pour projet de créer une chaîne de télévision, dont le contenu de propagande aurait été diffusé après la réussite du coup d'État. Certains sont aussi visés pour avoir fait partie des instances dirigeantes des "Reichsbürger" ou pour avoir mis sur pied un système informatique pour ce groupe.

1200 armes et 148.000 munitions

Les perquisitions menées dans le cadre de l'affaire ont débouché sur d'impressionnantes saisies. En effet, le réseau s'était donné les moyens de ses ambitions, avec "environ 500.000 euros" à disposition. Un "arsenal d'environ 380 armes à feu, près de 350 armes blanches ainsi que 500 autres armes", soit plus de 1200 armes au total, "et au moins 148.000 munitions" ont également été retrouvées, d'après les relevés des enquêteurs. Des casques balistiques, des gilets pare-balles, des appareils de vision nocturne et des menottes avaient aussi été achetés.

Autre objectif de cette série de procès : comprendre si la Russie a pu influencer ou encourager la formation d'un tel mouvement d'extrême droite. En effet, quelques suspicions existent sur un possible rôle de Moscou dans cette opération, même si le Kremlin l'a toujours réfuté. Henri XIII cherchait à s'assurer du soutien et se serait même déplacé au sein du consulat général de Russie à Leipzig, en 2022. Sa compagne présumée, une ressortissante russe, aurait facilité ce rendez-vous.

Dimanche, la ministre allemande de l'Intérieur, Nancy Faeser, a prévenu que son gouvernement continuerait à lutter contre ce groupuscule d'extrême droite. "Nous allons continuer à les poursuivre durement jusqu’à ce que nous ayons complètement mis à jour et démantelé les structures militantes des Reichsbürger", a-t-elle assuré. Les audiences devraient avoir lieu au moins jusqu'en janvier 2025. 


T.A. avec AFP

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