Le 20h

Alpinistes disparus au Népal : une équipe de secours française dépêchée

La rédaction de LCI
Publié le 4 novembre 2021 à 18h57, mis à jour le 4 novembre 2021 à 20h58
JT Perso

Source : TF1 Info

L'essentiel

SAUVETAGE - Des secouristes seront envoyés vendredi au Népal depuis l'Hexagone pour tenter de retrouver trois alpinistes français disparus dans une avalanche sur un sommet du massif de l'Everest.

La course contre la montre est déjà engagée depuis plusieurs jours. La France dépêchera vendredi 5 novembre au Népal une équipe de secours pour tenter de retrouver les corps des trois jeunes alpinistes emportés par une avalanche fin octobre, alors qu’ils tentaient une première ascension sur un sommet de 6000 m dans le massif de l'Everest. 

Cette équipe de sauvetage, dont des gendarmes, des experts, ainsi un chien d'avalanche, se rendront du 5 au 17 novembre dans le petit pays himalayen, a déclaré à l'AFP, jeudi, le lieutenant-colonel Lionel André, commandant de l'Unité de coordination technique de Montagne (UCTM).

"C'est un soulagement énorme"

Sur les 14 personnes en partance, dix sont des secouristes du Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne (PGHM). Après un temps d'acclimatation à l'altitude, ils passeront "8 à 9 jours" sur le site de l'avalanche, situé dans la vallée du Khumbu, a précisé à l'AFP Frédéric Jarry, chargé de mission à l'Association Nationale pour l’Étude de la Neige et des Avalanches (Anena), à Grenoble. 

Les trois alpinistes, âgés de 27 à 34 ans, avaient entrepris l’ascension de la face ouest du Mingbo Eiger, à 6070 mètres d'altitude. Partis le 24 octobre, les trois jeunes Français avaient pris part à un groupe arrivé fin septembre dans la région du Khumbu, une région de l’Everest, pour gravir plusieurs sommets. Louis Pachoud, Gabriel Miloche et leur entraîneur Thomas Arfi étaient tous trois des alpinistes de haut niveau, faisant partie du Groupe excellence alpinisme national (GEAN), formation d'élite de la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM). 

"C’est un soulagement énorme pour nous, cela va nous permettre de quitter le Népal l’esprit plus libre, déclare Stéphane Benoist, chef de l’expédition, interrogé par TF1. Le fait qu’ils puissent retrouver les corps, qu'ils découvrent comment ils sont reliés entre eux, cela pourra nous donner des éléments pour notre propre enquête. Pour nous, c’est important d’essayer de comprendre les circonstances de l’incident le plus précisément possible."

La neige de l'avalanche durcit rapidement

L'équipe comprend aussi deux experts en identification de la gendarmerie nationale, un médecin de l’école militaire de haute montagne, un guide de haute montagne de la Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne (FFCAM) et un maître-chien. Ils emporteront avec eux quelque 600 kilos de matériel. 

Sur place, les opérations de recherche risquent toutefois d'être épineuses. Les difficultés sur le site de l'avalanche vont "vraiment dépendre du type de neige mis en mouvement, de la météo qui a suivi et de l'orientation au soleil", explique-t-il. Autant de facteurs "qui font que (la neige) peut être plus ou moins dure" : "d'une manière générale, un dépôt (avalancheux) durcit avec le temps", alerte-t-il.

La dureté de la neige risque donc de compliquer la tâche du chien d'avalanche, qui répond au nom d'Irco. "On ne repose pas tous nos espoirs" sur lui, car il n'y aura "pas forcément d’odeurs" à renifler, a expliqué le lieutenant-colonel André. De premières recherches entreprises par des guides népalais en début de semaine étaient restées vaines et ont été suspendues mercredi pour trois ou quatre jours, selon Ang Norbu Sherpa, président de l'Association nationale des guides de montagne du Népal et membre de l'opération de recherche et de sauvetage.

"Des sacs à dos, du matériel" découverts à la surface du dépôt d'avalanche

La FFCAM avait indiqué dans un communiqué, lundi, que "l’espoir de retrouver des survivants est à présent quasi nul". Leurs dernières traces, des tentes et du matériel d'escalade, ont été retrouvées à 5900 mètres d'altitude, alors qu'ils avaient, semble-t-il, fait demi-tour à une centaine de mètres en dessous du sommet. Selon les informations disponibles, ils ont été "projetés au pied de la face" par l'avalanche, soit une chute de "plusieurs centaines de mètres", a déclaré mardi à l'AFP le président de la FFCAM, Nicolas Raynaud. 

"On est allés au pied de la face, on a constaté qu'il y avait un dépôt de neige très important avec de la neige extrêmement compacte, voire complètement gelée avec des indices à la surface, des sacs à dos, du matériel. Et qui laisse à penser que les corps des trois alpinistes se trouvent sous ce dépôt d'avalanche", a-t-il noté. L'objectif est désormais de les récupérer, "si tant est qu'on puisse le faire", a-t-il ajouté.

"Il n'est pas exclu que l'on ne puisse récupérer les corps qu'à la fonte", estime pour sa part l'ancien commandant-adjoint du PGHM de Chamonix Stéphane Bozon, qui avait supervisé la recherche des victimes après une avalanche meurtrière au pied du Kang Guru (6981 m) au Népal en octobre 2005, cité jeudi par le Dauphiné Libéré. Sept Français et onze Népalais, emmenés par Daniel Stolzenberg, un alpiniste sexagénaire chevronné, avaient été ensevelis par une coulée qui avait balayé leur camp de base alors qu'ils étaient endormis, et les derniers corps n'avaient été dégagés qu'en juillet 2006.