Amazon crée son premier syndicat aux États-Unis, Joe Biden s'en réjouit

F.R
Publié le 2 avril 2022 à 9h16
JT Perso

Source : JT 20h WE

Le premier syndicat chez Amazon a vu le jour ce vendredi à New York.
Les salariés ont voté en faveur, avec 2654 votes pour et 2131 votes contre.
Le président américain Joe Biden s'est dit "heureux" de l'initiative.

C'est une décision historique et symbolique pour les droits des travailleurs américains : les salariés d'un entrepôt Amazon à New York ont voté en nette majorité vendredi 1er avril en faveur de la création d'un syndicat, une première pour le géant du e-commerce, depuis sa création il y a près de 30 ans. 

Selon un décompte retransmis en ligne, 2654 employés ont coché "oui" pour être représentés par l'organisation Amazon Labor Union (ALU), créée il y a près d'un an, contre 2131 ayant voté "non", comme le rapporte l'AFP. Au total, 8325 travailleurs de l'entrepôt JFK8 situé dans le quartier de Staten Island, dans une grande zone industrielle, étaient sur la liste des votants, même si une partie ne travaille plus à Amazon. Ils étaient appelés à voter en personne dans une tente installée devant le bâtiment, du 25 au 30 mars. 4852 personnes ont glissé un bulletin dans l'urne. 

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À l'annonce des résultats, des applaudissements ont retenti au sein de la petite foule réunie pour l'occasion en bas de l'immeuble où était organisé le dépouillement. "Les gens ont parlé aujourd'hui, ils veulent un syndicat", a déclaré Christian Smalls, président de l'ALU, juste après le résultat. Devant la presse, il a remercié ironiquement le fondateur d'Amazon, Jeff Bezos, pour être allé dans l'espace, "car pendant qu'il était là-haut, on a pu monter un syndicat".

De son côté, le président américain Joe Biden, qui loue régulièrement l'action des organisations syndicale dans le pays, a réagi, via sa porte-parole, se disant "heureux que des salariés s'assurent d'être entendus pour les décisions importantes" qui les concernent.

Un mouvement initié au début de la pandémie

Le mouvement avait commencé au début de la pandémie, quand quelques salariés de l'entrepôt avaient organisé une petite manifestation pour réclamer plus de protections sanitaires face au Covid-19. Christian Smalls a peu après été licencié. Ils ont ensuite décidé de tenter eux-mêmes leur chance après le rejet, au printemps 2021, d'un syndicat expérimenté dans un entrepôt d'Amazon à Bessemer, dans l'Alabama. Un second vote y a eu lieu récemment et jeudi soir, le "non" y menait avec 993 bulletins, contre 875 "oui". Mais il restait 416 bulletins dits "disputés", qui décideront du résultat.

ALU est déjà mobilisé pour sa prochaine bataille : le centre de tri LDJ5, de l'autre côté de la rue de l'entrepôt JFK8. Quelque 1500 employés sont appelés à voter pour ou contre la création d'une autre antenne de l'ALU à la fin du mois. "Je suis sûr qu'on va aussi gagner là-bas", a affirmé Christian Smalls.

Cela va sûrement inspirer d'autres personnes qui voient que, malgré tous les obstacles, c'est possible

Ruth Milkman, sociologue du travail à l'université CUNY

Sur le déclin depuis plusieurs décennies, les syndicats ont décroché ces derniers mois plusieurs victoires symboliques dans le pays, notamment avec la création du premier syndicat dans un café Starbucks directement géré par la chaîne aux États-Unis en décembre, qui a suscité l'enthousiasme tandis que des salariés, souvent jeunes et éduqués, se mobilisent dans des ONG, des universités, des musées, des médias. 

Mais Amazon, "c'est une autre ampleur", remarque Ruth Milkman, sociologue du travail à l'université CUNY en se disant "abasourdie" et "impressionnée" par ce qu'ALU a réussi à faire en dépit de ses moyens limités. Et d'ajouter : "Je ne sais pas si cela va provoquer une vague, mais cela va sûrement inspirer d'autres personnes qui voient que, malgré tous les obstacles, c'est possible".


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