Le Sénat a qualifié à son tour cette famine des années 1930 de génocide, à l'instar de l'Assemblée nationale.
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a salué "une décision historique".

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a salué une "décision historique du Sénat français". La chambre haute du Parlement a appelé, ce mercredi 17 mai, le gouvernement à reconnaître comme un génocide l'Holodomor, cette famine provoquée au début des années 1930 en Ukraine par les autorités soviétiques, à l'origine de la mort de plusieurs millions de personnes.

En présence de l'ambassadeur d'Ukraine Omelchenko Vadym, installé en tribune d'honneur, une proposition de résolution portée par Joëlle Garriaud-Maylam (LR) a été adoptée par 327 voix contre 16, seul le groupe CRCE à majorité communiste ayant voté contre. 

Une nouvelle étape importante vers le rétablissement de la justice historique
Volodymyr Zelensky

Elle "invite le gouvernement français à reconnaître officiellement la famine, la déportation et l'extermination méthodiquement organisées par les autorités soviétiques, à l'encontre de millions d'Ukrainiens en 1932 et 1933, comme un génocide". Le texte invite également le gouvernement à "condamner publiquement le génocide commis par les autorités soviétiques contre la population rurale ukrainienne en 1932 et 1933".

"Il s'agit d'une nouvelle étape importante vers le rétablissement de la justice historique et la perpétuation de la mémoire des millions d'Ukrainiens qui sont morts de faim", a réagi le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, sur Twitter en remerciant les sénateurs.

Le 28 mars dernier, l'Assemblée nationale avait reconnu comme génocide l'Holodomor pour répondre à la forte attente de Kiev au sujet de ce souvenir douloureux, ravivé par l'invasion russe du pays.

La Russie refuse pour sa part catégoriquement cette classification, invoquant le fait que la grande famine des années 1930 n'avait pas seulement fait des victimes ukrainiennes, mais aussi russes, kazakhes, et parmi d'autres peuples.

Pour Joëlle Garriaud-Maylam, par ailleurs présidente de l'Assemblée parlementaire de l'Otan, les événements actuels en Ukraine semblent "démontrer le parallélisme entre l'Holodomor et un objectif poutinien d'une négation de l'identité ukrainienne". "L'Holodomor était bien une intention délibérée de détruire un groupe de personnes. Nier son caractère génocidaire, c'est grimer la mémoire des peuples", a affirmé Nadia Sollogoub, présidente du groupe d'amitié France-Ukraine.


F.R avec AFP

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