Argentine : la vice-présidente Cristina Kirchner échappe de peu à une tentative d'assassinat

Léa LUCAS avec AFP
Publié le 2 septembre 2022 à 7h50, mis à jour le 2 septembre 2022 à 19h24
Argentine : la vice-présidente Cristina Kirchner échappe de peu à une tentative d'assassinat

La vice-présidente argentine Cristina Kirchner aurait pu perdre la vie ce jeudi à Buenos Aires.
Un homme a pointé son armé "chargée" dans sa direction, alors qu'elle se trouvait devant son domicile.
Cette attaque surprise intervient dans un contexte politique tendu en Argentine.

Un incident qui a suscité une vague de condamnations aux quatre coins du globe. La vice-présidente argentine Cristina Kirchner a échappé de peu à une tentative d'assassinat jeudi soir, alors qu'elle signait des livres avec des sympathisants, près de son domicile à Buenos Aires, en Argentine. 

Selon des images de plusieurs télévisions, un homme a pointé une arme de poing "chargé" vers la tête de Cristina Kirchner, à quelques mètres à peine, sans qu'aucun coup de feu ne parte. Il l'attendait en bas de chez elle, dans le quartier de Recoleta, avant de surgir derrière elle. "J'ai vu ce bras surgir par-dessus mon épaule derrière moi avec une arme, et avec des gens autour de moi, il a été maîtrisé", a raconté l'un de ses soutiens, qui n'a pas souhaité donner son nom, et que les images TV montrent clairement participé à la brève mêlée.

Des policiers ont alors saisi le suspect - un trentenaire de nationalité brésilienne, selon plusieurs médias locaux -, l'ont mené dans une voiture de police dans une rue attenante, aussitôt entourée par un épais cordon de membres des forces de l'ordre. La vice-présidente argentine, elle, est partie peu après sous les cris et huées de plusieurs dizaines de personnes ayant assisté à la scène, relayée massivement sur les réseaux sociaux. Dans la foulée de l'incident, le carrefour a rapidement ét bouclé par des rubans "scène de crime", tandis que des policiers procédaient à de premiers prélèvements.

Réaction rapide et indignée de la classe politique

Une grande partie de la classe politique a tout de suite réagi, dont le président argentin, Alberto Fernandez, dans une allocution adressé à la Nation : "Cristina est en vie, car pour une raison qui n'a pas encore été confirmée techniquement, l'arme qui contenait cinq balles n'a pas fait feu bien qu'ayant été déclenchée."

Le chef de l'État a ensuite dénoncé un fait "d'une énorme gravité, le plus grave survenu depuis que notre pays a retrouvé la démocratie" en 1983. Il a annoncé avoir décrété un jour férié national ce vendredi, "pour que dans la paix et la concorde, le peuple argentin puisse s'exprimer en défense de la vie, de la démocratie, et en solidarité avec notre vice-présidente".

Accusée de fraude et corruption, verdict du procès fin 2022

Cette attaque surprise prend racine dans un paysage politique argentin fortement polarisé. Depuis une dizaine de jours, des centaines de militants se rassemblent chaque soir devant le domicile de Cristina Kirchner, mais aussi dans de nombreuses villes du pays, pour marquer leur soutien à l'ex-cheffe de l'État (2007-2015), actuellement en procès pour fraude et corruption.

En effet, le 22 août dernier, l'accusation a requis contre elle une peine de 12 ans de prison et une inéligibilité à vie, dans un procès qui porte sur des attributions de marchés publics dans son fief de Santa Cruz (sud), pendant ses deux mandats présidentiels. Le verdict devrait être rendu fin 2022. Mais, même en cas de condamnation, elle jouit au titre de présidente du Sénat d'une immunité parlementaire et pourrait ne pas aller en prison, voire se présenter aux élections d'octobre 2023. 

Adulée par une partie de la gauche péroniste, personnalité clivante honnie par l'opposition, Cristina Kirchner, 69 ans, reste sept ans après son départ de la présidence argentine une figure influente dans la politique argentine, a un an seulement d'une élection présidentielle pour laquelle elle n'a pas encore fait connaître ses intentions.


Léa LUCAS avec AFP

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