Assaut du Capitole : Donald Trump au centre du "complot"

Assaut du Capitole : accusé d'avoir tenté un coup d'État, Donald Trump dénonce une "parodie de justice"

M.G
Publié le 14 juin 2022 à 11h08
JT Perso

Source : JT 20h WE

La commission d’enquête de la Chambre des représentants a récemment accusé Donald Trump de tentative de coup d’État lors de l'invasion du Capitole le 6 janvier 2021.
Dans un long communiqué, l'ancien président américain a dénoncé une "parodie de justice".

Donald Trump n'en démord pas. Après plus d'un an d'enquête, la commission d’enquête de la Chambre des représentants a dévoilé la semaine dernière ses premières conclusions sur l'assaut du Capitole. Ce bureau, composé de sept démocrates et deux républicains, a estimé que le "6 janvier 2021 a été la culmination d'une tentative de coup d'État". "Le milliardaire était au centre de ce complot", a souligné Bennie Thompson, chef de cette commission. "Le président Trump a convoqué la foule, rassemblé la foule et allumé la mèche de cette attaque", a, de son côté, assené la républicaine Liz Cheney. 

Une comédie, tentative éhontée pour détourner l'attention du public

Donald Trump

La réponse du principal intéressé n'a pas tardé à fuser. Dans un communiqué long de 12 pages, l'ex-président américain a fustigé une "parodie de justice". "Cette comédie [...] est une tentative éhontée de détourner l'attention du public de la vérité [...] qui est que les Américains sont massivement venus à Washington le 6 janvier 2021 pour tenir leurs élus pour responsables des signes évidents d'activité criminelle lors de l'élection", lâche-t-il. 

Pourtant, l'inflexibilité de l'ancien pensionnaire de la Maison Blanche se heurte aux nombreuses preuves accablantes réunies par la commission, après plus d'un an d'enquête. Après avoir réalisé plus de 1000 entretiens et épluché plus de 14.000 documents, les parlementaires jugent que, en répétant à tort que l’élection lui a été volée, Donald Trump a été à l'origine des événements d'une rare violence qui ont suivi. "Avant même l'élection, Trump avait décidé que, qu'importent les faits et la vérité, s'il perdait l'élection, il affirmerait qu'elle était truquée", met en avant Zoe Lofgren, une élue démocrate. "Le grand mensonge était aussi une grande arnaque", condamne-t-elle encore. 

Le rôle trouble d'un avocat "en état d'ébriété"

Plus précisément, les enquêteurs ont livré un récit minutieux sur les manœuvres de l'ancien président entre le soir de l'élection présidentielle et l'assaut du Capitole. Quelques heures seulement après la fermeture des bureaux de vote, le 3 novembre 2020, Joe Biden et Donald Trump sont au coude-à-coude. "Il devenait évident que l'élection ne serait pas décidée ce soir-là", a confié Ivanka Trump, la fille de l'ancien président et à l'époque l'une de ses plus proches conseillères. Pourtant, peu avant 02h30 du matin, Donald Trump se présente devant les télévisions américaines depuis les salons de la Maison Blanche et lance : "Honnêtement, nous avons gagné l'élection". "Il était bien trop tôt pour prendre ce genre de décision", a reconnu Bill Stepien, le directeur de campagne de l'époque du ténor républicain. L'un des seuls soutiens explicites du dirigeant ce soir-là était son avocat personnel, Rudy Giuliani, qui, selon le témoignage d'un proche, était "clairement en état d'ébriété".

Un "homme détaché de la réalité" qui s'enferme dans ses mensonges

Quelques jours plus tard, le 7 novembre 2020, Joe Biden est officiellement déclaré vainqueur. Le directeur de campagne de Donald Trump assiste alors à une réunion avec le président sortant. Ce dernier "était de plus en plus en colère", raconte Bill Stepien. Le chef d'État décide de changer ses équipes et de s'entourer de personnes qui le soutiennent dans sa croisade. Le changement de ton ne tarde pas à se faire sentir. Le 19 novembre, lors d'une conférence de presse lunaire, Sidney Powell, une des avocates du milliardaire, accuse pêle-mêle le Venezuela, Cuba et les démocrates d'avoir ourdi un complot électoral. À ses côtés, Rudy Giuliani, dénonce "un scandaleux rideau de fer de censure"

À plusieurs reprises, le ministre de la Justice de l'époque - Bill Barr -, a examiné "les supposées fraudes" avec le 45e président américain. "Des âneries" exprimées par un homme "détaché de la réalité", lance celui qui a ensuite démissionné moins d'un mois plus tard. 

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Le mal était fait. La "cocotte-minute" qui a continué de bouillir au fil des semaines, alimentée par les dires du successeur de Barack Obama, a fini par exploser le 6 janvier 2021. Un jour funeste qui restera dans l'histoire américaine comme celui où tout a failli basculer. 


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