Attaque à la gare centrale de Bruxelles : la sœur du terroriste présumé remet en cause la version de la police

Tanguy Hamon
Publié le 23 juin 2017 à 1h43, mis à jour le 23 juin 2017 à 6h35
Attaque à la gare centrale de Bruxelles : la sœur du terroriste présumé remet en cause la version de la police

ATTAQUE - Imane Zariouh, l’une des sœurs du terroriste présumé abattu mardi soir à la gare centrale de Bruxelles, estime que la version officielle concernant l’attaque commise par son frère ne dit pas la vérité. Elle réclame des preuves et décrit son frère comme "un musulman normal".

"Oussama était une personne totalement normale. […] Nous voulons savoir. Pourquoi a-t-il été abattu ? Pourquoi ne donnent-ils pas de preuves de l’implication de mon frère ?" Imane Zariouh, plus jeune sœur d’Oussama Zariouh, présenté comme le terroriste auteur de l’attaque de la gare centrale de Bruxelles mardi soir, n’en démord pas. Pour elle, la version officielle des enquêteurs et du parquet de Bruxelles ne reflète pas la vérité.

Son grand frère a été désigné comme l’individu ayant fait exploser une valise au milieu d’un groupe de voyageurs, heureusement sans faire de victimes. Selon le parquet, il se serait ensuite élancé "à la poursuite d’un chef de gare", avant de se précipiter "sur un militaire en criant 'Allah Akbar !'". Le soldat l’a alors abattu en le touchant "à plusieurs reprises".

Attentat de Bruxelles : les habitants apprennent à vivre avec la menaceSource : JT 13h Semaine
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Il a été tué trop tôt

Imane Zariouh, à propos de son frère

Une version des faits remise en question par sa sœur, contactée par la RTBF. "Il n’y a pas de preuves. On veut voir les vidéos. Il y a tout de même des caméras dans la gare, non ? On veut avoir une preuve (de la présence d’Oussama) car c’est facile de déclarer 'Oussama Zariouh a commis un attentat en Belgique'. Moi aussi je pourrais affirmer n’importe quoi. Mais il nous faut des preuves, surtout quand les autorités disent qu’on a trouvé des documents de Daech à son domicile."

Selon le parquet fédéral, des indices retrouvés au domicile d’Oussama Zariouh, situé dans la commune de Molenbeek, semblent pourtant "démontrer que le suspect avait des sympathies pour l’organisation terroriste Etat islamique". Des mots que refuse d’entendre sa sœur : "Mon frère était contre ça. Il n’a jamais parlé de cela. Une fois, il a parlé des attentats pour dire qu’il était contre. Il était éloigné de tout cela." D’après elle, Oussama Zariouh avait plusieurs projets incompatibles avec ce passage à l’acte, comme revenir au Maroc après le ramadan pour se fiancer et s’acheter un taxi dans la capitale belge. "Malheureusement, il a été tué trop tôt", se désole-t-elle. 

La famille du terroriste présumé va engager un avocat

Aux questions de la famille Zariouh, qui souhaite connaître les circonstances de la mort du terroriste ("Pourquoi a-t-il été abattu ? [...] Pourquoi lui a-t-on tiré une balle dans la tête alors qu'ils auraient pu viser les jambes ?"), le communiqué du parquet de Bruxelles donne quelques éléments de réponse : "Il ressort des premiers éléments de l'enquête et notamment du visionnage des caméras de surveillance, que les militaires ont ouvert le feu sur le suspect alors que celui-ci s'approchait dangereusement d'eux. En effet, l'auteur des faits courait vers les militaires avec un objet dans la main et criait 'Allah Akbar !'". Selon la RTBF, l'homme aurait par ailleurs été touché au thorax et non à la tête, contrairement à ce qu'avance Imane Zariouh.

L’enquête qui se poursuit devrait permettre de lever les interrogations de la famille Zariouh, qui a indiqué engager un avocat "pour savoir ce qu'il s'est passé".


Tanguy Hamon

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