Le Capitole envahi par des partisans de Donald Trump

Attaque du Capitole : "Il doit condamner ce merdier !", Donald Trump Jr a supplié son père d'intervenir

Frédéric Senneville (avec FP)
Publié le 14 décembre 2021 à 22h17, mis à jour le 14 décembre 2021 à 22h47
JT Perso

Source : TF1 Info

SMS - Alors que les parlementaires américains vont décider s'ils poursuivent pénalement l'ancien chef de cabinet de la Maison Blanche, la commission d'enquête a lu les messages que celui-ci avait reçus pendant que l'assaut du Capitole, l'implorant de convaincre Trump d'y mettre fin.

Réunie lundi, la commission parlementaire en charge de l'enquête sur l'assaut du Capitole le 6 janvier a écouté la litanie des SMS que Mark Meadows, l'ancien chef de cabinet de Donald Trump à la Maison Blanche, a reçus ce jour-là, durant les heures où le Congrès était pris d'assaut par une foule de manifestants refusant la victoire de Joe Biden. Envoyés par divers alliés politiques, dont des présentateurs-vedettes de la chaine conservatrice Fox News jusqu'au propre fils de Donald Trump, ils enjoignent Meadows de faire comprendre au président qu'il doit mettre fin à cette insurrection. 

"Mark, le président doit dire à ces gens au Capitole de rentrer chez eux !". C'est Laura Ingraham, une des stars de la très amie chaîne Fox News, qui envoie ce texto au chef de cabinet de Trump le 6 janvier dernier, alors que les images d'une foule violente sont diffusées sur les chaînes du monde entier. "Amenez-le devant les caméras", conseille Brian Kilmeade, un autre journaliste de la chaîne, qui argumente auprès de Meadows que cette émeute "est en train de détruire tout ce que vous avez accompli". Même le propre fils de l'ex-président américain lui a envoyé un message pour essayer de mettre fin à l'invasion du Capitole. "Il doit condamner ce merdier dès que possible !", a écrit Donald Trump Jr à Mark Meadows.

Ces innombrables SMS envoyés au chef de cabinet ont été lus à haute voix au Congrès lundi par Liz Cheney, élue républicaine devenue la bête noire de Donald Trump, pour avoir refusé la surenchère de négation du résultat du scrutin de novembre 2020. Trump en avait même fait une cible pour les manifestants, qu'il avait harangués pendant une heure avant que ceux-ci ne se dirigent vers le Capitole. "On doit se débarrasser des parlementaires faibles", leur avait-il lancé, "de ceux qui ne sont bons à rien, les Liz Cheney de ce monde, il faut s'en débarrasser".

Le 6 janvier 2021, les grands électeurs sont réunis au Capitole pour certifier l'élection de Joe Biden, vainqueur des élections du 3 novembre précédent. Alors qu'il refuse toujours d'admettre le résultat du scrutin, et a entrepris de le contester à plusieurs niveaux juridiques, Donald Trump semble ce jour-là encourager les manifestants venus soutenir sa position à Washington, puis refuse de les dissuader de marcher sur le Capitole, avant de finalement les appeler à quitter les lieux sous la pression de ses proches. 

Lundi, de nombreux élus américains ont recommandé des poursuites pénales contre l'ancien chef de cabinet du milliardaire républicain, qui refuse de coopérer à leur enquête sur l'assaut du Capitole. S'ils votent en faveur d'une inculpation, ce que leur majorité démocrate laisse supposer, c'est ensuite le ministre de la Justice qui devra décider d'engager des poursuites ou non. 


Frédéric Senneville (avec FP)