Coronavirus : l'impact économique de la pandémie

Avec la crise du coronavirus, les hôpitaux américains vont dans le rouge

Publié le 27 avril 2020 à 21h44
Avec la crise du coronavirus, les hôpitaux américains vont dans le rouge

Source : SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

SYSTEME DE SANTE – Pays le plus endeuillé par la pandémie, les Etats-Unis font face à une explosion des cas et des admissions hospitalières. Un éditorial publié dans Newsweek pointe du doigt une réalité parallèle : celle d’hôpitaux privés qui, au bord de la faillite, procèdent à des mises à pied et des licenciements.

Avec plus de 54 000 décès et 970 000 cas de covid-19 détectés, le dernier bilan établi dimanche 26 avril est terrible aux Etats-Unis. Avec des hôpitaux surchargés, le pays doit également gérer les risques de faillites qui menacent les établissements de santé privés, comme le relate un éditorial publié dans le magazine Newsweek. En effet, privés de leurs revenus, certains se mettent désormais à couper dans leurs effectifs.

Avec un système de santé largement privatisé et décentralisé, les Etats-Unis dénombrent trois sortes d’hôpitaux : privés à but lucratif, privés à but non lucratif, publics accueillant les vétérans et le personnel de la Défense. Les hôpitaux privés constituent la majorité du paysage de santé américain et plusieurs facteurs expliquent la crise économique qu’ils traversent. 

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Plus d'opérations génératrices de revenus

D’abord, et c’est la raison principale, la suspension des opérations chirurgicales non-urgentes, pour laisser de la place au traitement des malades du Covid-19, a entraîné et continue d'entraîner une perte conséquente de leurs recettes. En effet, les prix de ces opérations, qui sont les plus rentables pour ces établissements, sont le fruit d’une négociation avec les compagnies d’assurances. Leurs revenus dépendent donc pour beaucoup des opérations facturées aux patients et varient selon qu’ils aient une assurance privée (plus importants) ou publique (moins importants). 

Comme le détaille auprès de Radio Canada Émilie Lebée-Thomas, directrice des programmes de la firme Dialog Health, le taux de chômage augmentant avec la crise sanitaire et économique, le nombre de patients payant désormais avec l'appui d'une assurance publique (Medicaid ou Medicare), augmente lui aussi.

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Ensuite, la plupart des hôpitaux privés américains ont dû renouveler et moderniser leurs infrastructures pour s’adapter à la prise en charge de malades du Covid-19, représentant une part importante de leur budget. Selon l'Association des hôpitaux américains (AHA), les établissements du pays disposaient en mars de 160 000 respirateurs, un nombre jugé insuffisant par rapport au taux de patients ayant besoin d'une assistance respiratoire, et de moins de 100 000 lits en soins intensifs, dont une grande majorité déjà occupée. Or, il faudrait 100 000 lits supplémentaires au minimum pour gérer la crise sanitaire actuelle, a estimé le département de la Santé. La lutte contre la pandémie induit donc pour ces établissements privés un surcoût, doublé d'une perte de leurs revenus annuels.

43 000 pertes d'emplois en février

La conséquence de tout cela se traduit auprès des salariés eux-mêmes. Confrontés à une situation budgétaire difficile, les hôpitaux réduisent alors drastiquement leurs effectifs. D’après le Bureau of Labor Statistics, au cours du mois de février, sur un total de 700 000 personnes ayant perdu leur emploi, 43 000 travaillaient dans la santé. 

Le groupe Baumont Health, principal système de soins du Michigan et gestionnaire de huit hôpitaux, a quant à lui annoncé mardi 21 avril la mise à pied de 2400 personnes et le licenciement de 450 salariés d’un hôpital privé de Détroit, selon Radio Canada. Depuis l’arrêt des interventions non urgentes au mois de mars, le groupe a perdu environ 70 millions de dollars par mois.

Certains soignants doivent aujourd’hui s’inscrire aux allocations chômage et d’autres se retrouvent en congés forcés. Dans le Michigan toujours, l’hôpital Mary Free Bed Rehabilitation a par exemple mis 20% de ses salariés en congés. Jeudi 23 avril, le Congrès a adopté un nouveau plan d’aide économique, comportant une enveloppe de 75 milliards de dollars pour les hôpitaux. 


Caroline QUEVRAIN

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