Biélorussie : l'arrestation spectaculaire de l'opposant Roman Protassevitch

Avion détourné en Biélorussie : Loukachenko en visite chez son allié Poutine

Maxence GEVIN
Publié le 28 mai 2021 à 12h37
Loukachenko et Poutine lors d'une entrevue au Kremlin en 2014.

Loukachenko et Poutine lors d'une entrevue au Kremlin en 2014.

Source : MAXIM SHIPENKOV / POOL / AFP

DIPLOMATIE - Sous pression depuis l'arrestation de l'opposant Roman Protassevitch le 23 mai dernier, le président biélorusse se rend vendredi en Russie pour s'entretenir avec son allié Vladimir Poutine.

Plus isolé que jamais en Europe et sous le poids de sanctions qui ne cessent de l'alourdir, Alexandre Loukachenko est attendu vendredi en Russie pour une entrevue avec son allié Vladimir Poutine. Le président biélorusse doit être accueilli dans la résidence d'été de son homologue, à Sotchi. 

Selon le Kremlin, les discussions entre les deux dirigeants devraient porter sur "l'intégration" entre leurs deux pays respectifs et leurs "projets communs, notamment économiques". Surtout, il s'agit d'un sommet symbolique rappelant le front commun des deux hommes face aux pressions de l'Europe. L'Occident doit "cesser de diaboliser ceux qu'il n'aime pas", martèle le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. 

Une entente cordiale... mais fragile ?

Reste que la relation entre les deux chefs d'État est certainement moins solide qu'affiché. Vladimir Poutine ne restera sûrement pas indifférent aux menaces de Bruxelles de sanctions contre Minsk, elles qui pourraient toucher le transit de gaz russe à travers la Biélorussie. 

De manière plus générale, le soutien du président russe à son homologue le place dans une position délicate à quelques jours de sa rencontre avec Joe Biden. "Cette rencontre a été particulièrement difficile à organiser, et le Kremlin en attend beaucoup. Cela rend la démarche de Loukachenko très déplaisante pour Poutine", estime le politologue Andreï Sinitsyne dans les colonnes de Libération

Cela étant, la marge de manœuvre du dirigeant russe est relativement réduite : il ne peut se permettre de retirer son soutien à la Biélorussie, au risque de la voir glisser vers l'ouest. "Loukachenko sait que les Russes ont peur de perdre le Bélarus, qu’il bascule dans le camp occidental comme l’Ukraine l’a fait en 2014", confirme chez nos confrères Arnaud Dubien, directeur de l’Observatoire franco-russe. 

Les deux chefs d'État "sont un peu coincés. Loukachenko, sans Poutine, est fichu. Et Poutine sait que, pour l’instant, il n’a pas d’autre interlocuteur", conclut-il.

Largement contesté par une large partie de sa population et plusieurs pays européens après sa réélection en août dernier, Alexandre Loukachenko s'est finalement maintenu au pouvoir grâce au soutien indéfectible du Kremlin. Malgré des divergences de caractères, les deux hommes sont conscients de l'interdépendance de leurs deux pays, notamment sur le plan commercial. "La Biélorussie est entièrement intégrée dans le système de défense russe", ajoute auprès de France Info Olga Belova, maîtresse de conférence en civilisation russe contemporaine à l'université Bordeaux-Montaigne. 

"Une aide complète sera fournie [par la Russie] pour assurer la sécurité" de la Biélorussie avait ainsi déclaré Alexandre Loukachenko. De son côté, Poutine s'était dit "convaincu" par la capacité de son homologue à résoudre la crise politique dans son pays. Force est de constater qu'il a, au moins, su se maintenir au pouvoir. 


Maxence GEVIN

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