La Biélorussie riposte aux sanctions européennes, l'UE craint "une nouvelle escalade des tensions"

MM avec AFP
Publié le 28 juin 2021 à 19h54
JT Perso

Source : TF1 Info

L'essentiel

RÉACTION - Le pays a également annoncé, lundi, qu'il rappelait son ambassadeur à Bruxelles. Une réponse à l'Union européenne après des sanctions consécutives, notamment, au détournement d'un avion de ligne par Minsk.

Le ton monte entre la Biélorussie et l'Union européenne. Le pays d'Europe de l'Est a annoncé, ce lundi 28 juin, suspendre sa participation au Partenariat oriental, lancé en 2009 et destiné à rapprocher six ex-républiques soviétiques avec l'Union européenne. 

Minsk a également annoncé rappeler son ambassadeur auprès de l'UE pour "consultations", et "invité" le chef de la délégation européenne en Biélorussie à retourner à Bruxelles pour "transmettre à ses dirigeants le caractère inacceptable des pressions et des sanctions". Les deux décisions font suite aux sanctions européennes décidées du fait de la répression politique dans le pays et du détournement d'un avion de ligne en mai.

L'Union européenne vise les secteurs clés de la Biélorussie

La Biélorussie, située aux portes de l'Union européenne, avec des frontières communes avec la Pologne et la Lituanie, notamment, a aussi brandi implicitement la menace de cesser sa coopération en termes de lutte contre l'immigration illégale et le crime organisé. Les responsables européens qui ont participé à l'élaboration des sanctions contre la Biélorussie se verront également interdire d'entrée sur son territoire.

Après l'interception d'un avion de ligne, le 23 mai, et l'arrestation à bord du journaliste d'opposition Roman Protassevitch et de sa compagne Sofia Sapega, l'Union européenne avait adopté des sanctions économiques et individuelles visant des hauts responsables biélorusses et hommes d'affaires, ainsi que les secteurs clés de la potasse, du pétrole et du tabac.

Nous espérons que les responsables de l'UE et de ses États membres sont conscients du caractère destructeur et de la futilité d'une approche belliqueuse

Avant les sanctions de juin, les Européens avaient déjà pris des mesures de rétorsion visant le régime d'Alexandre Loukachenko pour le punir de la répression du vaste mouvement contestant sa réélection jugée frauduleuse en août 2020. Ce mouvement a été progressivement maté par les autorités à coup d'arrestations et d'exils forcés.

Pour le président du Conseil européen, Charles Michel, la décision biélorusse annoncée lundi va entrainer "une nouvelle escalade des tensions". La figure de proue de l'opposition biélorusse, Svetlana Tikhanovskaïa, réfugiée en Lituanie, a de son côté dénoncé une "vengeance" de Minsk contre les Européens, signe de la "faiblesse" et de "l'aveuglement" d'Alexandre Loukachenko, le président du pays.

"Le Bélarus continue de préparer d'autres mesures de riposte, notamment à caractère économique. Nous espérons que les responsables de l'UE et de ses États membres sont conscients du caractère destructeur et de la futilité d'une approche belliqueuse dans les relations avec" Minsk, a précisé le ministère biélorusse des Affaires étrangères.