Biélorussie : le peuple se soulève

Biélorussie : des centaines d'arrestations, la protestation s'installe

La rédaction de LCI
Publié le 13 août 2020 à 14h54, mis à jour le 19 août 2020 à 17h03
Manifestation en Biélorussie, 12 août 2020

Manifestation en Biélorussie, 12 août 2020

Source : Sergei GAPON / AFP

REVOLUTION ? - Le pouvoir bélarus a encore annoncé ce jeudi l'arrestation d'environ 700 manifestants lors des manifestations de mercredi contre la réélection du président Alexandre Loukachenko.

Le ministère bélarusse de l'Intérieur a annoncé jeudi avoir arrêté encore environ 700 personnes la veille lors du quatrième jour de la contestation post-électorale violemment réprimée. Cela porte le total des interpellations à au moins 6.700.

Il a également affirmé que 103 policiers avaient été blessés depuis dimanche, dont 28 sont hospitalisés.  Il n'a en revanche pas apporté de précisions quant au bilan côté manifestants contre lesquels des balles en caoutchouc, coup de matraques et grenades sonores sont utilisés sans retenue.

Les chaînes humaines se multiplient dans Minsk

Malgré cette forte répression, des protestations s'organisaient néanmoins ce jeudi pour dénoncer une nouvelle fois la victoire, jugée frauduleuse, d'Alexandre Loukachenko, l'homme à poigne du pays, au pouvoir depuis 26 ans, et crédité de 80% des voix. 

Dans plusieurs villes du pays, et notamment à Minsk, la capitale, des dizaines de personnes sortaient ainsi pour le deuxième jour consécutif en ordre dispersé pour ensuite constituer d’éphémères chaînes humaines pacifiques, fleurs à la main, une forme de contestation qui a été moins violemment réprimée que les défilés nocturnes. Ces chaînes sont majoritairement constituées de femmes, vêtues le plus souvent de blanc. 

Svetlana Tikhanovskaïa ne s'est pas exprimée depuis mardi

Pour ses partisans, c'est une novice en politique, Svetlana Tikhanovskaïa, qui a gagné, après une campagne qui a suscité une ferveur jamais vue dans l'ex-république soviétique, mobilisant en quelques semaines des dizaines de milliers de personnes. Novice en politique, âgée de 37 ans, cette mère au foyer a remplacé son mari Sergueï, un vidéo-blogueur en vue, après son arrestation en mai alors qu'il gagnait en popularité. Elle ne s'est pas exprimée depuis mardi et son départ précipité pour la Lituanie. 

Des célébrités ont aussi commencé à prendre position contre la répression. C'est notamment le cas de la quadruple championne olympique de biathlon, Darya Domracheva. Elle s'est adressée sur son compte Instagram aux "dirigeants des forces anti-émeutes : ARRETEZ LA VIOLENCE! Ne permettez pas que l'horreur se poursuive dans les rues". 

Plusieurs journalistes et présentateurs de médias d'Etat ont aussi annoncé ces derniers jours leurs démissions, notamment Tatiana Borodkina, de STV, qui présentait une émission de divertissement avec ses filles. L'écrivaine Svetlana Alexievitch, seule Bélarusse distinguée par un prix Nobel, a quant à elle accusé Alexandre Loukachenko d'entraîner son pays vers "la guerre civile". 

Des galons à la poubelle

Malgré les coupures répétées d'internet, des militaires et policiers à la retraite ou en activité ont aussi anonymement dénoncé la répression. Dans des vidéos très largement diffusées, ils jettent à la poubelle des galons, des uniformes et des insignes d'unités. 

Les Etats-Unis et l'UE ont dénoncé les fraudes électorales et la répression, les Européens menaçant Minsk de sanctions. L'Ukraine voisine a pour sa part appelé ses ressortissants à éviter de se rendre au Bélarus, et réclamé la libération "immédiate" de deux défenseurs ukrainiens des droits de l'homme incarcérés.


La rédaction de LCI

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