Biélorussie : vague d'arrestations après des commentaires sur la mort d'un officier du KGB

La rédaction de LCI (avec AFP)
Publié le 1 octobre 2021 à 15h41
Une manifestation contre le président biélorusse Alexandre Loukachenko, le 21 août à Minsk.

Une manifestation contre le président biélorusse Alexandre Loukachenko, le 21 août à Minsk.

Source : Sergei GAPON / AFP

L'essentiel

ARRESTATIONS - Près d'une centaine d'internautes ont été interpellés ces deux derniers jours, a indiqué une ONG biélorusse. En cause : des commentaires sur les réseaux sociaux concernant la mort d'un officier du KGB, l'une des victimes d'une fusillade survenue mardi.

Arrêtés pour des commentaires publiés sur les réseaux sociaux : 84 personnes ont été interpellées ces deux derniers jours en Biélorussie pour avoir posté des messages au sujet d’une fusillade qui a eu lieu mardi, a annoncé ce vendredi 1er octobre vendredi l'ONG Viasna, principale association de défense des droits humains dans le pays. Au cours de cet incident aux circonstances troubles, un employé du secteur des technologies de l'information et un officier du KGB ont été tués.

Interpellés pour "insulte envers un responsable gouvernemental" et "incitation à la haine sociale", les internautes auraient écrit des commentaires au sujet des deux morts de la fusillade, précise l’ONG. Les services de sécurité bélarusses, le KGB qui a gardé son nom de l'époque soviétique, ont assuré mardi avoir tué un homme qui a abattu par balle l'un de ses officiers. Le KGB a seulement assuré qu'il s’agissait d’"un criminel très dangereux".

La télévision d'État a quant à elle diffusé des images présumées de l'incident, représentant des hommes en civil forçant la porte d'un appartement, depuis lequel un homme leur tire dessus avec un fusil. Il n'a pas été précisé comment la vidéo à l'intérieur du logement a été obtenue. Les enquêteurs ont ensuite identifié le tireur comme Andreï Zeltser, un habitant de Minsk de 31 ans. Sa femme de 40 ans, présente au moment des faits, a été arrêtée.

Un conseiller de l'opposante en exil Svetlana Tikhanovskaïa a précisé qu'Andreï Zeltser était un employé d'EPAM Systems, l'une des plus grosses firmes de technologies de l'information du pays. Mercredi, les autorités biélorusses avaient bloqué le site internet du populaire journal Komsomolskaïa Pravda qui avait diffusé une interview d'un de ses camarades de classe. Le président Alexandre Loukachenko a lui assuré, lors des funérailles de l'agent du KGB vendredi, qu'il "ne pardonnera pas la mort de ce jeune homme".

Cette vague d’arrestations survient alors que les autorités mènent depuis l'année dernière une répression sans relâche contre toute opposition restante dans le pays, à la suite d’un mouvement de contestation historique en 2020, après l’élection contestée du président. Ces derniers mois, elles se sont attelées à liquider des dizaines d'ONG et des médias indépendants. Vendredi, la Cour suprême a fermé la branche biélorusse du Comité d'Helsinki, l'une des plus anciennes organisations de défense des droits humains.